Chapitre 3

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J'ouvre les yeux lentement, je papillonne quelques secondes pour m'adapter à la luminosité ambiante. Une minute, je l'ai déjà vécu ça ! En fait non pas du tout, il fait nuit maintenant, ou tout du moins aucune lumière ne m'atteint. Le paysage n'est clairement plus le même... Je passe d'une chambre un peu vieillotte à une pièce sombre qui semble bouger.
Je me relève doucement, ma gorge me brûle et j'ai des difficultés à pleinement respiré. J'ai l'impression d'avoir un marteau tapant sur son enclume dans la tête. Qu'est-ce qu'il s'est passé bon sang ? Faisons le point sur ma mâtinée. Tout d'abord un réveil classique, puis le linge, le nouveau prisonnier qui s'est pleinement fendu la poire devant ma maladresse. Ensuite l'épreuve de la corde, le pénitencier... Ah oui cette rascaille qui m'a enlevé contre mon gré ! Mais il m'a noyé non ? Je suis dans un paradis ?

Décidément plus je cherche un sens à cette journée et moins elle n'en a... Je finis de me lever complètement et inspecte ce lieu étrange et inconnu.
Les murs paraissent légèrement incurvés, c'est bizarre pour une pièce. Il y a également des objets rectangulaires posés à même le sol, d'après mon examen à l'aveugle. Pourquoi n'y a-t-il pas de lumière ici ? Et pourquoi mon oreille interne me dit que le sol est en mouvement ?

Je laisse mon poing s'abattre sur un mur. J'ai eu beau faire le tour à tâtons, il n'y a aucune poignée raccordée à une porte, donc aucun moyen de sortir. Génial...
Je me rassoit, découragée. Comment est-ce que ai-je pu rentrer dans une pièce sans porte ni fenêtre ? Ou alors mon hypothèse sur ma potentielle mort est vraie ?
Je délire complètement on ne ressent pas la douleur quand on meurt... Si ?

Après un temps qui m'a paru infini, une lumière est apparu au plafond. Je vais vraiment finir par croire à mon hypothèse, il manque plus qu'un long tunnel et on entre dans le parfait cliché. Une ombre obscurcit l'entrée, elle semble chercher quelque chose.

"T'es réveillée l'emmerdeuse ? Il ne manquait plus que ça... Ce type est le prisonnier pervers psychopathe...
- Je ne répondrais pas à ce langage inapproprié !
- T'es pas une duchesse que je sache, et tu viens de me répondre... me fait-il remarqué d'une voix blasée."

Un juron m'échappe. Pourquoi faut-il toujours qu'il ait le dernier mot ? C'est mon boulot ça normalement !
Je le regarde descendre félinement de la trappe. Ce n'est pas juste si les rôles avaient été inversé je n'aurais jamais réussi à descendre sans me vautrer par-terre.
Pourquoi est-ce que ce prisonnier pervers psychopathe rit-il ?

"Est-ce que tu es consciente que tu viens de parler à voix haute ? me demande-t-il entre deux hoquets de rire."

Je rougis, saleté de triple P ! Heureusement qu'il fait sombre je n'ai pas envie de m'enfoncer plus qu'actuellement.

"Qu'est-ce que je fais ici triple P ? je l'interroge hargneusement, et c'est où ici ?
- Attends tu m'as appelé comment ? rit-il.
- Triple P... Pour prisonnier pervers psychopathe, c'est plus court. Mais répond à mes questions !"

Peine perdue, j'ai beau essayé d'utiliser une voix froide et sans sentiment, il continue de se payer ma tête.

"Mais arrêtez de rire à mon insu ! Et répondez moi bon Dieu ! j'aboie.

- Pardon mais t'es hilarante ! ricane-t-il. Allez dépêche t'es attendue.

-  Comment ? Mais de qui ? demandai-je interloqué avant de continuer agressivement. Et arrêtez de me tutoyer on ne se connait pas !"

Il hausse les épaules et remonte par la trappe. Je me précipite à sa suite, mais m'arrête en dessous de la porte. Je fais comment moi pour monter, je suis bien trop petite, je n'atteins même pas le plafond... La tête réapparait. Je suis toujours en train de sauter dans l'espoir d'atteindre la trappe au bout d'un moment. Un rire retentit. Ce scélérat continue de rire de moi. Ce qu'il peut m'agacer.

"Un coup de main peut-être ? demande-t-il hilare.

- Je n'accepterais jamais l'aide d'un triple P ! je grogne."

Il retombe gracieusement dans la pièce ténébreuse. Se relève, rit une nouvelle fois, et me balance sur son épaule.

"Malotru ! Lâchez-moi !

- Du calme je t'aide juste à monter."

Il se glisse aisément par l'ouverture et referme la porte d'un coup de pied. Ce saligot ne me repose toujours pas. J'essaye de lui envoyer un coup de pied bien placé, mais il ne me lâche pas. J'ai uniquement le droit à un : "on est pas encore en haut, t'arriveras jamais à monter.".

Au bout de dix minutes de plaintes et de coups qui n'aboutissent à rien, je finis par abandonner et me laisse faire. Saleté de triple P ! Je vois enfin une fenêtre, elle est ronde comme sur un bateau c'est étrange... Minute. On était dans la baie lorsqu'il a tenté de me noyer ! L'option bateau n'est peut-être pas si étrange. Mais comment un bateau a pu le faire monter à bord, il est interdit d'accueillir quiconque sur son navire même en cas de danger de mort. Cela voudrait dire que je suis sur un bateau d'allié à lui. Mais dans quoi je me suis mise encore... Mon père est sensé gardé des prisonniers et moi j'en aide un à s'évader, certes pas de mon plein gré mais quand même !

Désormais je n'ai plus le choix, si je ne veux pas être répudiée par mon père, il faut que je ramène cet arriéré en cage quoique qu'il arrive, je ne pourrais pas revenir sans salir mon honneur et celui de mon père !

Le Condamné D'AlcatrazOù les histoires vivent. Découvrez maintenant