I - Mr. Styles

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Louis agitait nerveusement son pied contre le sol en revoyant ses notes. Il regarda sa montre qui indiquait 7h56. Il regarda une énième fois son emploi du temps pour vérifier qu'il ne s'était pas trompé, il avait bien les terminales en première heure. Il se leva presque à contrecœur, une boule se formant au creux de son ventre.

Ça faisait longtemps que je ne l'avais pas sentie celle-là.

Il prit sa sacoche et l'ajusta sur son épaule avant de s'engager dans le couloir encore vide. Il regarda l'horloge murale : 7h59. Les élèves étaient encore dehors avec le proviseur.

La sonnerie se déclencha, et une ruée d'élève débarqua dans les couloirs. Il se dirigea vers sa classe, où il s'était déjà installé, et avait accroché aux murs plusieurs affiches de livres incontournables selon lui.

Debout derrière son bureau, Il observa attentivement les nouvelles têtes qui discutaient entre eux, retrouvant ou formant de nouveaux groupes. Après quelques minutes, le silence se fit.

« Bonjour, mon nom est Mr. Tomlinson, et je serai votre professeur de Littérature cette année. J'aimerai commencer par faire l'appel pour mettre des visages à ces noms. »

Il les regarda avec une sorte d'appréhension, mais ils semblaient étrangement attentifs.

C'est un bon début.

Il enchaîna rapidement et à la fin remarqua qu'il manquait déjà un élève.

Il commença sa classe en demandant quelles œuvres ils avaient étudié l'année précédente.

Une vingtaine de minutes après le début du cours, la porte s'ouvrit calmement, laissant apparaître un jeune homme, les mains dans les poches. Il n'affichait aucune expression particulière, sinon un ennui profond. Ses yeux étaient cernés et rouges, les cheveux en batailles.

Il n'a pas du entendre son réveil sonné, celui là.

« Mr Styles, je présume ? »

Il releva la tête vers lui, et en se rendant sûrement compte qu'il n'avait pas à faire à son professeur précédent, afficha immédiatement un sourire de travers, qui n'inspira pas beaucoup confiance à Louis.

« Oh mais c'est qu'on dirait qu'on a un p'tit nouveau ! Et il s'est bien pomponné en plus, il s'est fait tout beau pour la rentrée, c'est trop mignon.

La classe se mit à glousser tandis qu'Harry partit vers le fond de la classe en mimant une démarche de roi.

- Je te demande pardon –

- Vous pouvez continuer votre cours, coupa Harry avant de s'asseoir, satisfait de son entrée. »

Ils se fixèrent pendant quelques secondes où la classe se demandait comment Louis allait répondre. Il serra la mâchoire puis, sous les yeux ébahis de la classe, continua son cours comme si rien ne s'était passé.

Quand la sonnerie retentit, les élèves se levèrent bruyamment, parlant de l'incident du début du cours.

« Harry ! L'interpella Louis.

L'intéressé s'arrêta devant son bureau, en levant presque les yeux au ciel.

Louis attendit que tous les élèves aient quittés la classe pour commencer à parler.

- C'était quoi ce comportement tout à l'heure ?

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit-il innocemment.

Louis haussa les sourcils, agacé. Harry soutînt son regard. J'espère que ça ne se reproduira pas, finit par lâcher Louis suivit d'un geste de la main lui intimant de sortir.

Il pausa les coudes sur son bureau et se prit la tête entre les mains.

Putain de merde. Qu'est-ce que je vais faire avec celui-là ? Merde, merde, et merde.

Il souffla bruyamment, puis se redressa en voyant entrer les élèves de la deuxième période.

Les élèves qu'il avait eu jusque là ne lui paraissait pas si différent que ceux qu'il avait connu à Paris. Mais quand il y pensait, ces deux lycées étaient privés, et de bonne réputation. Il les avait trouvé assez attentifs, et disciplinés, ce qui lui rendrait la tâche un peu plus facile.

Appart ce fameux Styles évidemment.

Il se rendit dans la salle des professeurs pour prendre un café où il vit quelques collègues qu'il avait déjà rencontré avant.

« Est-ce que l'un de vous à un certain Harry Styles dans vos classes ? Se renseigna Louis.

- Pas cette année heureusement, mais je l'avais l'année dernière en Histoire. Et oui, il est aussi terrible que ce qu'il en à l'air, lui répondit Mr Jones, un homme d'une cinquantaine d'année.

- Il m'a complètement manqué de respect ce matin, je n'ai pas l'habitude de traiter avec des élèves comme ça, je ne lui ai pas dit grand chose...

- Ça ne sert à rien de toute façon, continua-t-il pendant que les autres hochaient de la tête. Il n'en fait qu'à sa tête, un vrai p'tit gosse de riche bon à rien.

- Gosse de riche ?

- Son père –

- Beau-père, le rectifia une femme qui devait avoir une quarantaine d'année, la professeur de mathématiques sembla se rappeler Louis.

- Oui, bref. Son beau-père est presque propriétaire de l'école, tout ça, dit-il en désignant d'un geste circulaire l'ensemble de la pièce, est financé par lui. Ce qui le rend presque impossible à virer. À ce que j'ai entendu dire, ils ne s'entendent pas très bien, du coup il ne lui dit jamais rien, ni sur ses notes catastrophiques ni sur toutes les heures de colles qu'il manque. La mère pourrait dire quelque chose mais je crois qu'elle ne sait pas trop non plus comment s'y prendre. En gros, il fait sa loi un peu partout, et on y peut rien.

Ils restèrent tous en silence un petit moment. Louis prit son gobelet en plastique et but une gorgée de son café.

- Vous avez dit beau-père ? Où est son père ?

- Mort, répondit d'un ton neutre Mr Jones. Je sais ce que vous vous dites Tomlinson, mais il ne vaut vraiment pas la peine d'être sauvé. On essaye tous de faire notre boulot ici, on a tous essayé à un moment ou un autre, tout ça pour qu'il se referme encore plus qu'avant.

- Enfin il paraît qu'il n'était pas comme ça avant, reprit Mrs Mersch - il se rappela enfin de son nom -, il paraît que c'était presque un enfant model, à ce que j'ai entendu dire. Il n'a pas toujours été là, il a changé de lycée.

- Vous connaissez le nom ? demanda Louis, intrigué.

- Aucune idée. Tout ça ne sont que des rumeurs, mais y'a peut-être une part de vérité. En tout cas quand il est arrivé l'année dernière, c'était le même. Et il ne sait pas amélioré, ni mentalement ni physiquement, avec tout ces tatouages et tout les trucs qu'il fume et qu'il ingurgite, il ne va pas en s'améliorant, c'est moi qui vous le dit.

Louis acquiesça machinalement, terminant son café d'un air pensif.

Mrs Mersch afficha une mine désolée devant lui, sachant très bien ce qu'il tenterait et à quel résultat il se confronterait. Elle haussa les épaules puis se leva en même temps que les autres pour rejoindre leurs classes.

Lost soul in WonderlandWhere stories live. Discover now