Un oasis pour créateurs

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Ça fait maintenant quelques semaines qu'au cours de diverses discussions avec d'autres créateurs – surtout sur Twitter – j'ai commencé réfléchir au rapport entre les créateurs et les grands réseaux sociaux centralisés.

Oui, c'est un peu ironique qu'une partie de la discussion sur un tel sujet ait lieu sur Twitter. Ironique, mais pas très surprenant.

Le fond de ma pensée, c'est qu'il est de plus en plus dangereux, quand on est un créateur, de dépendre de plateformes centralisées comme Facebook, YouTube – ou Wattpad, d'ailleurs.

Entre les conditions d'utilisation qui tentent de s'approprier les droits des œuvres publiées, les algorithmes d'affichage changeants, des restrictions éditoriales, sans parler des dispositifs anti-piratage, genre Robocopyright, qui tendent à agir avec la précision d'une frappe nucléaire stratégique, les "petits" créateurs ne sont pas avantagés.

D'où l'idée de "L'Oasis", une communauté pour créateurs décentralisés. Le nom (qui est probablement temporaire; ne vous y attachez pas trop) est plus un clin d'œil à un roman d'Ayerdhal qu'au monde virtuel inventé par Ernest Cline.

Le manifeste de cette communauté peut se résumer ainsi:

1. Nous sommes des créatrices et des créateurs. Écrivain·e·s, poète·sse·s, musicien·ne·s, illustrateur·trices·s, photographes, vidéastes, podcasteur·euse·s, qu'importe.

2. Nos créations sont numériques. Pas toujours, pas pour tout, mais en partie tout au moins.

3. Nous voulons nous affranchir de la tutelle grandissante des plateformes centralisées. Nous le les rejetons pas forcément, mais nous voulons en être aussi indépendants que possibles et rencontrer nos publics sans passer par l'approbation mercantile de ces intermédiaires. Nous voulons garder le contrôle de nos créations et développer des outils appropriables pour diffuser entre internautes sans leur entremise.

4. Notre force est dans les réseaux que nous tissons. Et ces réseaux n'ont pas besoin d'être centralisés.

L'idée, en gros, c'est de reprendre le contrôle de nos créations, mais aussi de notre présence en ligne. De ne plus dépendre uniquement de plateformes mises en place par des entreprises qui, par définition, cherchent en priorité le bien de leurs actionnaires, pas forcément celui de leurs utilisateurs (surtout quand elles voient lesdits utilisateurs comme une matière première à vendre à des annonceurs).

Il y a plusieurs degrés pour ce faire, mais disons qu'un premier pas, c'est se créer un site sur un hébergement que l'on contrôle et n'utiliser les diverses plateformes que pour répercuter le message et attirer un maximum de lecteurs sur le site en question.

Pour ceux que ça intéresse, il y a une page sur mon site et je vais m'ateler, ces prochains temps, à lancer quelques idées et tutos sur le sujet.

Codex diatribii AliasisOù les histoires vivent. Découvrez maintenant