Chapitre 3 : Aigles et anges

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Point de vue de Noah

Je courrais à travers cette forêt que je connaissais si bien, je courrais sans jamais m'arrêter. Je regardais derrière moi de temps en temps pour voir si les aigles étaient proches de moi ou pas. Ils se rapprochaient de plus en plus tandis que je continuais de courir aussi vite que je pouvais pour essayer de les semer. Je tentais de devenir invisible mais j'échouais plusieurs fois de suite.

Je réussis enfin au bout de quelques tentatives et j'aperçus un « champ » de fougères. J'y pénétra et m'accroupis tout en étant invisible. J'observais les oiseaux qui continuaient leur chemin sans m'avoir vu. Enfin, c'était ce que je croyais jusqu'à ce qu'ils fassent demi-tour et que j'eu l'impression qu'ils foncèrent droit sur moi. J'aperçus leurs yeux dont la couleur était inhabituelle : ils étaient rouges. Et ils étaient mécanisés... Leur créateur – ou créatrice – avait dû donc les programmer pour qu'ils me voient même si j'utilise l'invisibilité.

Je me levai et me remis à slalomer entre les arbres, les fougères et les branches, toujours poursuivi par ces stupides aigles... Je courrais, encore et encore, sans pour autant être essoufflé. Je tournai ma tête pour regarder à quelle distance étaient les oiseaux tout en continuant ma course et là, je ne sentis plus mon pied au sol, puis le deuxième non plus. Je sentis mon corps tomber et le bruit d'un cours d'eau me parvint : je venais d'arriver à la grande falaise qui séparait la forêt en deux parties.

J'étais tellement effrayé que je ne pouvais pas créer un gigantesque souffle d'air qui pourrait me permettre de remonter sur la terre ferme. Je regardais l'eau de laquelle je me rapprochais de plus en plus avant de fermer les yeux. Certes je suis immortel, mais je me blesserai en atterrissant dans l'eau où dans le fond se trouvent des pierres et des rochers à certains endroits. Cette chute me semblait interminable.

D'un coup, je ressentis une immense douleur dans le dos, ce qui me fit lâcher un cri. C'était vraiment horrible. J'avais l'impression de me recevoir un coup de poignard dans le dos. J'ouvris les yeux et aperçus des plumes blanches de chaque côté de mon corps. On aurait dit que cela formait... des ailes... comme celles d'un ange... Ce qui était en train de m'arriver était étrange. D'autant plus que l'eau se trouvait à seulement quelques mètres de moi. Ma respiration s'accélérait. Je commençais à devenir de plus en plus paniqué. Il fallait que je réagisse vite.

Je devais me servir de mes ailes, qui n'étaient pas apparues là par hasard, sauf que je ne savais pas comment m'y prendre. Bon, ça ne devrait pas être si compliqué que ça... Et je réussis à faire battre mes ailes alors que je me trouvais à environ un mètre de l'eau. Je longeais le courant avant de remonter rapidement vers la terre ferme. Les aigles étaient toujours là, volant en rond en attendant que je vienne jusqu'à eux. Quand je fus à leur niveau, ils foncèrent droit sur moi, à pleine vitesse. Je rabattis automatiquement mes ailes autour de moi pour former un bouclier. Je pus apercevoir à travers mes plumes qu'une lumière blanche était en train de se propager. J'en déduis que c'était moi qui en étais à l'origine.

Quelques instants après, je n'entendis plus aucun bruit à part celui du cours d'eau. Je dépliai délicatement mes ailes et découvris avec surprise que les oiseaux n'étaient plus devant moi. Je regardais aux alentours et aperçus des petites masses noires tomber dans l'eau. J'avais réussi à tuer ces stupides volatiles mécanisés. Tout ça grâce à ces ailes, qui sont apparues comme par magie, enfin... sans vouloir faire un mauvais jeu de mot... Il faut vraiment que j'en parle aux autres. Je survolais la forêt pour rentrer à la maison. Au moins, cela me permettrait de m'habituer à cette étrange transformation que j'avais subie. Je me posai dans l'allée, au même moment où Clayton et Elya arrivaient. Ils me regardèrent, l'air perplexe.

« C'est bien... des ailes que tu as là ? me demanda la jeune fille. »

Je hochai doucement la tête. Je les fis disparaître puis je pris la parole avant qu'elle ne dise quelque chose d'autre.

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