Cher journal,
Je suis présentement dans l'avion et il doit rester environ une trentaine de minutes à mon vol, mais j'avais le besoin d'écrire pour faire passer mon angoisse. Pas que je sois stressé par le vol, je suis plutôt anxieux de savoir comment se passera mon été loin de ma famille.
Parlons-en de ma famille. Les quitter m'a complètement déchiré le coeur. Maman ne faisait que pleurer dans les bras de papa en disant que c'était peut-être une mauvaise idée finalement de m'envoyer à Montréal, mais papa lui disait que ça allait me faire du bien de m'éloigner un peu et que j'allais aller mieux ensuite. Elle n'a pas été en mesure de m'accompagner à l'aéroport, mais je ne lui en veux pas, je comprend.
Papa tant qu'à lui réconfortait maman, mais on voyait bien dans ses yeux qu'il commençait à regretter sa décision, même s'il disait le contraire. C'est lui qui est venu avec moi jusqu'à l'aéroport, et j'ai vue ses yeux remplis de larmes après qu'il m'ait serrer dans ses bras et qu'il m'ait souhaité bon voyage.
Julie, ma petite Julie. Autant ça a été dur de quitter mes parents, autant ce fut un supplice de la quitter elle. Elle m'a serré tellement fort dans ses bras que je crois avoir encore des marques dans mon cou. J'ai bien vu qu'elle essayait de se retenir pour ne pas pleurer, mais elle a échoué, et c'est exactement à ce moment là que mes larmes se sont mises à couler.
Il faut juste tenir environ un mois sans se voir, et ensuite, elle viendra passer deux semaines avec moi au Québec.
J'espère que les vacances se passeront bien. J'espère que je vais réussir à passer à autre chose, à penser à autre chose, à l'oublier complètement...
Merci de ton écoute
A.***
Ça aura pris une quinzaine de minutes - qui me parurent des heures - avant de pouvoir prendre mes valises. La fatigue du vol se fait pleinement ressentir, et j'ai qu'une envie, c'est de dormir. Je sens que je vais avoir du mal à m'habituer au décalage horaire. De se que j'ai compris, il faudrait une journée par heure de décalage pour ne plus ressentir le décalage. J'en ai donc pour six jours à me sentir fatigué.
Je passe les portes de sortie des voyageurs, et jette un rapide coup d'œil pour trouver ma tante. Ça fait plus de six ans que je ne l'ai pas vu, mais je n'aurais eu aucun mal à la trouver. Ma tante Martine ressemble beaucoup à ma mère. Chose normal puisqu'elle sont jumelles, mais ce n'est pas ça qui me frappe au premier regard. C'est plutôt le t-shirt jaune citron, la veste fushia, et la grosse pancarte inscrit "Mon p'tit Adamou d'amour" au gros crayon noir qui me font réagir.
À peine arrivé au Québec et je me tape déjà la honte.
Je me dirige vers elle, et elle me prend dans ces bras pour me faire un gros câlin avant de m'embrasser les deux joues et le front.
- Oh mais comme t'as grandi mon poussin, t'es rendu un joli coq dit donc, s'exclame-t-elle d'une voix rempli de bonne humeur.
- Il faut dire que ça fait environ cinq ans que nous ne nous sommes pas vue tatie. Pouvons-nous y aller ? Je suis épuisé du voyage.
- Si ta mère n'avait pas rencontrée un de ces anglais et n'avais pas décidée de prendre la fuite de l'autre côté de l'océan, on s'verrait plus souvent, dit-elle d'un ton grincheux, mais toujours avec le sourire. Allez, vient, la voiture n'est pas très loin.
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Cher journal, || BxB
General FictionVue de l'extérieur, Adam est un jeune garçon ordinaire, un peu renfermé sur lui-même, qui assume pleinement son homosexualité. Mais en fait, Adam est un garçon qui a été forcé de faire son coming out, qui est harcelé au lycée et qui n'a qu'une seule...