**Maï**
J'avais l'impression de retrouver une certaine paix intérieure. Après avoir rendu visite à mes beaux-parents, j'espérais que nous allions enfin pouvoir vivre dans une certaine harmonie, dans un environnement moins conflictuel. Je me permettais un moment de répits et de rêveries. Maman Awa était devenue bien plus agréable avec moi. Un revirement de situation en si peu de temps qui m'étonnait, mais je n'allais pas m'en plaindre. Je faisais des efforts de mon côté aussi, en essayant de croire en sa sincérité. Même Ousmane avait remarqué le changement de sa mère, ce qui réinstauré leur relation de confiance. Je ne pouvais pas mieux demander pour lui. Malgré qu'il soit robuste, Ousmane reste un petit garçon attaché à sa mère, tout comme mon frère Amadou avec ma mère. Le début de mon mariage était semé d'embûches, j'espérais que les choses continuerait de s'améliorer, que nous allions pouvoir profiter encore longtemps, très longtemps de cette paix. Même si je restais têtue par rapport à tout ce qui concernait le monde mystique, badienne Rokia et ma mère me disaient que je devais penser à protéger le foyer que j'étais en train de bâtir. Elles m'assuraient qu'avec le temps, je finirai par comprendre la réalité du monde, de notre société. Ce qui est drôle, c'est que même Maman Awa s'est mise à me parler de ça, en me disant qu'il s'agirait juste de faire des prières, donc rien de bizarre par rapport à ce que je pouvais penser.
Ayant l'esprit un peu plus léger, je décidais d'aller voir Nana et voir où elle en était dans son organisation. Nous étions à trois semaines du mariage et je la sentais stressée à chaque fois que je la voyais ou qu'elle m'appelait. Ça me rappelait l'état dans lequel j'étais aussi pendant mes préparatifs.
- Nana (en m'ouvrant la porte) : oooh mon dieu la grossesse te va tellement bien !
- Moi : je me sens surtout bouffis de partout
- Nana : n'importe quoi, qu'est-ce que tu racontes ! Tu as à peine grossi
- Moi : tu trouves ?
- Nana : si tu étais moche, je serai la première à te le dire
- Moi : ça ne m'étonnerait même pas de toi !
- Nana : j'espère que tu as faim par ce que j'ai préparé un bon tieb !
- Moi : Oh My God ! Tu as cui-si-né !
- Nana : conasse ! Pour la peine tu ne mangeras pas
- Moi (rigolant) : tu t'entraînes pour ton futur foyer
- Nana : vas-y moque toi tchiip
On s'installait dans la cuisine et elle nous servait chacune.
- Moi : bon je peux te l'accorder, c'est délicieux !
- Nana : pfff t'as cru quoi !
- Moi : que tu ne savais faire que des pâtes
- Nana : je crois bien que tu ne tiens pas à ta vie
- Moi : tu ne feras rien, tu ne peux pas vivre sans moi !
- Nana : je vois que tu as retrouvé ta bonne humeur, ça m'avait manqué, vraiment !
- Moi : disons l'orage a l'air de prendre fin
- Nana : plus d'ex cousine dans les parages ni de belle mère qui lance des piques !?
- Moi : plus rien de tout ça, pour le moment !
- Nana : il était temps, j'espère que la mère de Cheikh ne sera pas pareille
- Moi : tu sauras gérer, mais t'as bien vu qu'elle t'aimait donc t'as pas besoin de t'inquiéter
- Nana : espérons oui que ça continue dans cette voie. Je t'avoue que j'appréhende beaucoup et moi qui étais pressée de me marier là j'ai de plus en plus peur
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Ma vie basculée à jamais
Любовные романыMariage forcée à la sénégalaise. Le destin d'une fille trahit par l'espoir d'un futur radieux avec l'homme de sa vie.
