Emma🌼 (35)

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Les jours s'écoulaient et j'avais l'impression d'être pris dans du jello. Ma vie était complètement différente de ce qu'elle était il y a quelques semaines seulement. Et j'étais la seule responsable... et ce connard de Joshua Humphrey bien sûr .

Je n'ai jamais détesté personne, je croyais avoir connu la haine, mais depuis que Joshua jouait le maître des marionnettes, qu'il menait les fils de mon existence, je connaissais officiellement la haine et la rage.

Je marchais dans le couloir, ça faisait déjà deux jours que mon enfer social avait commencé et que j'étais la solitaire de l'école, lorsque Joshua me plaqua contre un casier.

-Tu me veux quoi encore?

J'avais finis de jouer la victime.

-Simplement te dire félicitations, tu as officiellement mis fin à toutes tes relations, yé!

Dit-il en levant légèrement les bras en l'air comme une danse de triomphe... sentiment que je ne partageais évidemment pas.

-Va te faire foutre.

Il cessa la danse de la joie et pris ma main dans la sienne. Le geste était doux au début mais on sentait le mal fourmiller en lui. Comme si l'essence de sa haine pour moi montait et prenait possession de son corps. La poigne devint ferme et dans un geste aussi vite qu'un oiseau de proie filant vers l'eau, il ouvrit ma paume et trancha le milieu de ma main. Une simple coupure qui me fit un mal de chien.

-Rappel toi qui commande.

J'avais déjà compris que Joshua pouvait mettre ses menaces à exécution, mais de la à agir en psychopathe?

Il s'éloigna en me lançant un regard de force et de fierté.

-Va chier fils de pute. Dis-je en serrant ma main dans mon t-shirt. Une chance, il ne m'entendit pas.

Le reste de la semaine passa et je vivais dans le déni total. L'incident de la coupure avait été le premier et j'espérais bien le dernier. Joshua était resté tranquille et ne m'harcelait pas. Je suppose qu'il voulait garder son jeu secret le plus possible, il ne croisait jamais mon regard et m'ignorait comme si j'étais un fantôme.

C'est exactement comment je me sentais, un fantôme.

Mon interaction avec Gaël sur la plage, ce matin, avait d'ailleurs réouvert la blessure dans ma paume.
Mon geste de fuir avait peut-être été enfantin, mais je voulais simplement garder mon mur de glace le plus solide possible. Il devait croire à mon bluff, comme si c'était la réalité et que nous étions vraiment terminé. Comme si j'avais vraiment abandonné après la première chicane. Il devait y croire. Le plan entier reposait sur ça.

La nuit tombait et je m'ennuyais royalement. Mes soirées étaient de plus en plus longues et solitaires. Benjamin n'ouvrait jamais son rideau, un peu comme moi lors de son arrivé.

« Le rideau de ma chambre reste et restera fermé pour longtemps encore. »

Elle est bien drôle celle-là. Je m'étais rapproché de lui quelques semaines après cette pensée. Comme deux amants attirés l'un vers l'autre d'une manière incontrôlable. Aujourd'hui, je donnerais n'importe quoi pour que son rideau s'écarte légèrement et que j'ai un aperçu de son corps de statue grec. Un simple contact avec ces yeux qui savent si bien me lire.

On cogna à la porte d'entrée, mon père passait la soirée avec Arthur. J'avais donc la maison pour moi seule. N'ayant plus d'amis proches, cette opportunité était plus triste qu'alléchante.

Lentement, j'allai ouvrir la porte. Jason se tenait devant moi, les mains dans le blouson. Le vent secouait ses cheveux blond tout doucement.

-Salut.
-Hey Jason... entre!

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