CHAPITRE 5 : Les problèmes arrivent

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Nous sommes partis de Brück il y a un peu plus d'une heure. Nous sommes à la moitié du chemin avant notre prochaine étape : Borkheide. C'est un plus grand village que les deux où nous avons déjà fait étape, mais ça reste un village. Espérons que nous ne nous ferons pas remarquer. Une voiture est en approche. Ou au bruit c'est peut-être plutôt un camion. Il s'approche vite pour le chemin de champs que nous sommes en train de traverser. On décide de monter dans un champ de betteraves pour éviter de se faire happer par le camion quand il arriverait. Le bruit se rapproche. On entend des chants, rythmés, animés d'une certaine motivation. Soudain, nous le voyons, ce camion. C'était un camion militaire, nazi, rempli de soldats au service d'Hitler. Quand le conducteur du camion nous voit, il pile. C'est vrai que ça doit être louche, croiser des personnes qui marchent dans un chemin rarement utilisé, armés jusqu'aux dents, et ce en pleine période de guerre. Le convoyeur nous salue et nous demande :

- Où allez-vous avec tout cet attirail ?

Un de nos alliés lui répond :

- Nous allons à Borkheide, c'est à cinq kilomètres d'ici. On est assez pressé, au revoir.

La réponse de ce dernier n'a pas vraiment l'air de plaire aux soldats nazis. L'un d'eux continue l'interrogatoire :

- Et qu'allez-vous faire dans un village avec des armes ?

Notre auto-proclamé porte-parole leur répond encore une fois avec un sang-froid exceptionnel :

- Nous allons chasser. C'est interdit en temps de guerre ?

- Non, ce n'est pas interdit. Mais vous allez arrêter de vous foutre de nous. On ne tue pas des lièvres et des biches avec des grenades et des fusils d'assauts utilisés pour la guerre. Alors vous allez vraiment nous dire ce que vous allez faire.

Un homme de mon groupe que je n'avais jusque-là jamais entendu réagit et lui dit :

- Vous voulez savoir ? On va tuer Hitler.

Les allemands se mettent à rire. Un rire gras qui ferait pleurer le moindre enfant. D'un seul coup, les rires s'arrêtent. Ils ont compris que nous étions sérieux. Les soldats descendent du camion en pointant leur mitraillettes dans notre direction. Léo me regarde et me fait signe de faire reculer tout le monde, il a une idée. Je recule donc d'un bon mètre, les autres me suivent. Tous les autres, sauf Léo. Lui, il avance, et jette une grenade qu'il venait de dégoupiller aux pieds des soldats. La grenade explose et le camion fait de même. Tout le monde s'abaisse. Sauf Léo.

[Insérer un titre] Tome 1 : Le premier voyageOù les histoires vivent. Découvrez maintenant