Vendetta

7 0 0
                                        

Quelque chose se brisa au fond de lui. Peut-être son honneur, peut-être le bruit de ses valeurs quand elles s'écrasèrent sur le sol, brisées, en mille morceaux si infimes que jamais il ne pourrait reconstruire le puzzle. Certains morceaux devinrent poussière, si fins qu'ils disparurent, tandis que d'autres glissèrent jusqu'aux confins de son âme, écorchant son cœur au passage. Des murs capitonnés se dressèrent autour de son âme, une barrière invisible. Une barrière qui ne tomberait plus jamais. Il ne s'en rendit pas compte tout de suite, tant ses sentiments étaient violents. Il fut agité toute la nuit, saisi, physiquement, par des pulsions incontrôlables. Comme si un autre avait pris possession de son corps. Il pouvait sentir son sang battre dans ses veines, si fort qu'elles lui faisaient presque mal. La douleur qui lui entaillait le crâne s'était muée en une atroce crise de tremblements. S'il voulait agir, il devait agir rapidement. Si il voulait changer la situation, il devait anéantir la situation. Puisque tout était la faute d'Angela, il décida cette nuit-là que c'était elle qui devait mourir en premier.

Il était cinq heures quand il atteignit enfin son appartement. Lentement et péniblement, il gravit trois étages avant de pousser la porte de chez lui. Il abandonné sa chemise blanche, laquelle, teintée d'un reste de sang encore humide, ne manqua pas de tacher le parquet.

Il se saisit de la bouteille de Jack. C'était tout ce qu'il avait trouvé, à cette heure.

Les images de cette effroyable nuit étaient marquées au fer blanc dans son esprit. Elles tournaient en boucle dans sa tête engourdie. Comme le révélait l'amas de sang coagulait sur une partie de son crâne, ainsi que ses nombreuses contusions, ils l'avaient assommé et battu pour se débarrasser de lui. A son réveil, il s'était débattu autant qu'il avait pu.

Mais il était arrivé trop tard.

C'est là, que tout avait déraillé. Quand il comprit qu'il s'était toujours mépris sur les origines de ce mal qui rongeait la ville. Quand il vit qu'il avait sous-estimé son ennemie, que jamais, au grand jamais, ils n'en seraient arrivés là si il l'avait arrêtée avant.

Mais là aussi, il était arrivé trop tard.

Il se servit un nouveau whisky, et trinqua dans le vide, face à l'Eglise qui se tenait devant son balcon. Il esquissa un sourire.

- Juge-moi tant que tu veux, je ne me suis jamais senti aussi seul.

Il but seul dans la nuit noire. Il pouvait encore sentir l'odeur douceâtre du chloroforme, comme si elle imprégnait l'air alentour. Il sentit ses pensées divaguer à nouveau, s'épancher dans une part de lui qu'il ne connaissait pas. Une part sombre et dangereuse que seule la colère d'un homme qui n'a plus rien peut éveiller. Il pouvait littéralement la sentir, prendre le pas sur son âme, et effacer chacun des souvenirs heureux qui l'aidaient à tenir, comme une tâche d'encre envahissant peu à peu sa mémoire.

Il jeta son verre sur le sol avec violence, se préoccupant peu des conséquences. Plus rien n'avait d'importance désormais : il était un autre homme. Cette nuit, il avait réussi à mettre les pieds à la racine du problème. Sa décision était prise : Il l'anéantirait de l'intérieur.

Il était arrivé au bout du chemin, et il n'y avait rien pour lui, seule une rivière asséchée dont les seules gouttes restantes étaient rouge sang, et s'agglutinaient pour ne former qu'un mot, résonnant comme une évidence :

Vendetta.

Gotta Be You ( One Direction Fiction )Des histoires addictives. Découvrez maintenant