Strangers

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  • Dédié à Louise
                                        

Strangers

Chapitre 17

Point de vue d’Alexia

          Le jour se levait sur la chambre d’hôtel qui nous était réservée, et il ne m’engageait pas à me lever. Le soleil semblait loin et les nuages projetaient une ombre grisâtre au travers la vitre de la chambre. Nous n’avions pas fermé le store, la veille, car nous adorions être levées à la lumière du jour. Cependant, le mauvais temps qui s’annonçait déteignait déjà sur mon humeur, lorsque j’ouvris les yeux pour l’apercevoir.

J’étais étendue sur le dos, les bras tendus, occupant plus de la moitié de l’espace. Je jetais un œil sur ma gauche pour apercevoir Naïs, recroquevillée sur elle-même, qui dormait toujours profondément. La soirée avait été douce, un nid de bonheur et d’amour comparée à l’affreuse journée que nous avions passé, à deux doigts de la mort. Dans le lit, ce matin, je réfléchissais à ce qui m’attendait. Je songeais à ces deux mois de vacances que je m’apprêtais à vivre, et à tout ce qui s’offrait soudain à moi.

J’avais enfin trouvé quelqu’un qui m’acceptais, pour qui j’étais, et j’en étais heureuse. Harry. L’évocation de son prénom me fit sourire. Mais en trouvant un ami, j’avais trouvé un ennemi. L’équilibre parfait, si l’on peut dire, car peut-être l’un n’existait-il pas sans l’autre ?

Je songeais aux activités qui nous étaient réservées et à tout ce que l’avenir nous réservait, à tout ce qui nous était inconnu. Je songeais à cette matinée que nous allions sous la pluie quasi-certaine. Je m’apercevais que ma journée d’hier avait été purgée pendant la nuit. Comme si j’avais traversé un jai de lumière blanche qui m’aurait lavée de toutes mes peurs. Pourtant, il n’en était rien, mais ce matin, dans ce grand lit, écoutant la respiration calme de ma meilleure amie à mes cotés, il semblait que rien ne pouvait plus perturber notre équilibre, et celui de nos vacances.

Ce qui était faux, évidemment. Mais il me fallait positiver, il me fallait ne pas y pas et il me fallait y croire. Après tout, c’était à nous de les rendre fabuleuses, ces vacances. Même si nous étions finalement tombées dans un endroit peuplé de gens fous à lier, et de deux sœurs rivales qui font tout pour avoir la meilleure des colonies de vacances, même si les garçons dont nous étions subitement tombées amoureuses sont d’ailleurs dans le camp opposé, même s’il y a parmi nous une fille qui court après celui qui me plait et qui cherche à me tuer, même si… Stop. Arrête-toi Alexia. Positive, et tout ira bien.

C’était un temps de merde. Et mes pensées commençaient à dériver vers des choses moins joyeuses. Je m’extirpais alors du lit, et me dirigeais vers la petite cuisine située derrière la chambre, séparée par une porte. Je n’appelle pas ça une cuisine. Une micro-onde, un petit frigo dans lequel seules rentrent des canettes et une cafetière avec quelques placards, ça n’est pas vraiment une cuisine. Juste un entrepôt à malbouffe. Mais on était en vacances, peu importait. Je me préparais un café sans sucre, empilant deux dosettes dans la cafetière. Il me fallait un coup de fouet, quelque chose de fort.

Le son strident semblable à un marteau piqueur retentit tandis que la machine pressait les dosettes pour en verser le liquide dans la tasse. J’attrapais ma boisson et jetai un œil par la fenêtre. De parfaits nuages noirs. Il était évident que cette matinée se passerait enfermée dans le bâtiment principal de la colonie, et non pas dans la forêt, comme c’était prévu au départ.

Je poussai un soupir en avalant une gorgée amère.

Ce café était dégueulasse.       

Naïs, dans son rôle de marmotte, s’agita quelques secondes, avant de continuer le rêve qu’elle semblait en train de faire. Je m’assis par terre et sortis mon téléphone. Par chance, il y avait du réseau, dans ces chambres, ça compensait du café au goût infect. Je contactai la seule personne occupant mes pensées.

Gotta Be You ( One Direction Fiction )Des histoires addictives. Découvrez maintenant