Coward

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POV de Louis

Je n'avais jamais apprécié ma mère. Et je pense qu'elle le savait pertinemment. J'avais passé mon adolescence à la voir martyriser ma pauvre sœur, chaque conflit me faisant l'effet d'un énorme coup de massue. J'avais essayé de nombreuses fois de défendre Stacy, mais c'était sans compter sur mon propre père, qui entrait dans une colère noire chaque fois que je haussais la voix. Ce n'était pas pour défendre l'honneur de ma mère, non, c'était plutôt parce que, selon Gabriel, la haine d'Angela envers ma sœur était justifiée.

Ces années avaient été terribles pour moi. J'avais vu Stacy s'emmurer dans sa solitude et sa détresse, et j'étais comme un con, bâillonné par les parents les plus immondes qui soient. A tel point que plus le temps passait, moins je les supportais.

Lorsque j'étais plus jeune, j'étais plus... malléable, plus asservi. J'écoutais ce qu'on me disait, j'étais sage et gentil, je voulais faire plaisir. Je fuyais le conflit, comprenant que quelque chose clochait sans jamais réussir à mettre le doigt sur la véritable raison de ces scènes de ménage. En grandissant, je ne pouvais plus rester sans régir, c'était plus que je ne pouvais le supporter. N'importe quelle personne, ayant un minimum de moralité, aurait réagi. C'est vous dire à quel point mes parents étaient... sont des personnes cruelles.

Comment peut-on traiter ainsi sa pauvre fille ? Et qu'avait fait Stacy pour mériter tant de haine ? C'est sans aucun doute la question que je m'étais le plus posé durant toutes ces années. En grandissant, je haïssais secrètement mes parents, mobilisant chaque particule de mon être dans le but bien précis de sauver ma sœur. J'étais devenu un adulte avant l'âge, j'avais décidé de récupérer le sourire disparu de Stacy, l'éclat de ses yeux bleus, rieurs. En élaborant, petit à petit, un plan pour la hisser hors du précipice dans lequel elle sombrait un peu plus chaque jour. Ma décision était prise : je devais faire quelque chose.

Malheureusement, le jour ou Stacy avait teint ses cheveux, passant d'un blond éclatant à un noir de jais, j'avais réalisé qu'il était trop tard pour la sauver. Elle était détruite. Elle avait été anéantie par ses propres parents, à petit feu, du berceau jusqu'à aujourd'hui, elle n'avait jamais eu droit à cette affection qui forge notre humanité, celle qui nous différencie des monstres qui hantent nos cauchemars.

Quand je m'étais aperçu que ces monstres étaient nos parents, j'avais fui. Quand Stacy avait le plus besoin de moi, quand le précipice n'existait plus, car elle était un gouffre béant de douleur et de haine, j'étais loin.

J'avais fui comme un lâche.

Du moins, c'est ce que les autres croyaient. 

Gotta Be You ( One Direction Fiction )Des histoires addictives. Découvrez maintenant