CHAPITRE 5 : Un nouveau départ.

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Le trajet est très glaçant car l'ambiance est froide. Aucunes paroles ne circulent dans ce silence de mort. Les gorilles en costard cravate devant ne nous adressent pas la parole. Des regards furtifs et désolés de Flaubert me parviennent par moment avec en guise, un sourire timide pour me remonter le moral. Je l'ignore, un peu remonté contre lui. J'ai les bras croisés, une tête neutre sans expression et l'envie de savoir pourquoi je dois abandonner mon ancienne vie d'étudiant normale et discrète. Finalement, mon confrère eu l'audace de rompre le silence.

Flaubert : Je suis encore désolé pour tes parents, d'un ton calme. J'ai déjà vécu cette situation autrefois.

Nathan : Ca veut dire quoi « autrefois » ? énervé.

Flaubert : Calme-toi.

Nathan : J'ai de bonne raison d'être en colère. Bordel ! Mes parents ne veulent plus de moi, je me retrouve seul, sans rien, et en plus je vais dans un endroit que je connais pas, dis-je en sentant mes crocs s'allonger.

Flaubert : Quand mes parents ont appris ma vraie nature, ils voulaient me brûler. J'ai dû m'enfuir sans aucuns souvenirs, sans même leur dire au revoir. Je suis revenu peu de temps après et la maison avait brûlé. Je n'ai jamais su ce qui s'était vraiment passé, en baissant la tête. Je n'avais plus rien.

Nathan : Oh, désolé. Je savais pas, en étant mal à l'aise. Je suis vraiment con de t'avoir engueulé.

Flaubert : Tu pouvais pas savoir et puis, je me suis trouvé une nouvelle maison. Je ne suis plus seul.

Nathan : Je sais pas quoi dire, confus.

Flaubert : Pense à ton avenir. Tu vas rencontrer des personnes comme toi et tu verras, tu t'y plairas. Au début tu te sentiras comme un étranger mais avec le temps, tu aimeras être là-bas.

La soirée est tombée et j'indique en cours de route que je dois prendre les affaires dans ma chambre, dans la colocation. Flaubert hésite un instant avant de m'accorder ce souhait. Je précise avant de d'entrer qu'il vaut mieux que je rentre seul pour m'échapper le plus rapidement. Une fois arrivé, Antoine n'est pas là. Il a laissé un mot sur la cuisine :

« Je suis parti faire des courses. Je rentre vers 19 heures.

Je vais devoir aussi quitter ma fac ainsi que ma coloc, génial. Trop dégoûté. Disparaître sans laisser aucune trace, c'est pas ce que j'aurai voulu. J'abandonne mon téléphone et mes clés de logement en laissant un mot écrit sur la cuisine.

« Je suis désolé mais je dois partir. Sache que tu n'y es pour rien. Tu resteras mon coloc est mon ami préféré. Je te laisse mon téléphone avec le code de sécurité, 0309, la date à laquelle on s'est vu pour la première fois, le 3 sept. Cadeau. Je connais mon numéro par cœur, donc je pourrais à l'occasion de contacter.

Nathan. »

Je prépare en vitesse mes dernières affaires en sentant des larmes heurter le sol. Ma chambre entièrement dénudée, je laisse en place une photo de moi souriant et qui donne espoir. Je quitte avec regret mon logement. Nous nous éloignons doucement pour prendre un chemin détourné et caillouteux vers un monde totalement différent de celui que je connais.

(Point de vue d'Antoine).

Si Nathan trouve qu'on a pas assez de bouffes pour au moins une semaine, je sais pas ce que je lui fais mais je sens que je lui dirais qu'il aille faire les course lui-même la prochaine fois. Le chemin du retour enfin en vue, je distingue une voiture partir alors qu'elle tape la parlote avec le trottoir. Je crois même avoir reconnu cette plaque mais en tout cas, j'ai cru remarquer la forme de Nathan avec... des sacs ? Non, ça peut pas être lui, sûrement un membre des proprios. Une fois cette voiture partie, je constate que la porte est ouverte. Je monte tranquillement les escaliers pour revoir, peut-être, Nathan. J'espère qu'il a réglé son problème. Je me sens bien en sa compagnie et je pense même que je m'attache à lui sans que je le sache.

Antoine : Nathan ?

Cette seule question qui traverse le logement ne fait pas paraître de réponse. J'explore le logement sans trouver Nathan. Dans la cuisine, un téléphone, des clés et un mots sont déposés. Après avoir pris connaissance du message, j'ai besoin de me faire à l'idée que Nathan est parti sans m'en parler. Un vide va s'installer dans cet immense solitude dès le début de l'année. Des larmes coulent de mes joues pour heurter le sol. Tiens, je distingue une photo laissée sur le meuble de sa commode. Je la saisis et le fixe avec son sourire radieux qui me fait sourire à mon tour. Au moment ou je m'apprête à la remettre à sa place, je me dirige vers un tiroir à moitié ouvert. Le curieux que je suis, je l'ouvre et je tombe nez à nez à... une poche de sang ? C'est quoi ce bordel ? Je referme ce tiroir et m'en éloigne. Pourquoi y a-t-il une poche de sang dans sa chambre ? C'est pas claire cette histoire. Il part sans rien dire. Alors ce serait peut-être... non. Je dois me tromper. Je dois bien avouer que ce sang me donne envie. Bon sang, je dois absolument me calmer. J'ai promis de me ranger et je ne décrocherai pas. Je coupe mon regard de cette poche. Je prends la photo et la place sur ma table de nuit pour que je pense à lui avant que je m'endorme chaque soir. Pourquoi moi ? Peut-être qu'il sait qui je suis réellement. Mais non, c'est impossible. Mais alors le maître serait réveillé ? Non... non ! Non ! NOOOOOOOOOOOOOON !

Le Vampire de l'Apocalypse : Les Trois Cœurs Maudits (Tome 1)Des histoires addictives. Découvrez maintenant