PDV Coralie
Aujourd'hui, comme tous les jours depuis que je suis rentrée chez moi, je m'ennuie. Je n'ai pas l'habitude de ne rien faire. Cela faisait 5 ans que je travaillais presque non stop, mais ma jambe m'oblige à ne pas bouger. Durant les premiers jours de repos, j'en ai profité pour trouver des nouveaux designs pour ma marque, et j'ai cherché de nouveaux sponsors. Ensuite, j'ai regardé des séries que je n'avais toujours pas vu. Évidement, au bout d'une semaine je n'avais plus rien à faire. Regarder la télé me donne maintenant des maux de têtes. J'ai lu tout les livres que j'avais chez moi. J'ai analysé mes murs une centaine de fois et ils sont toujours aussi neutres qu'avant. Heureusement que mes amis et Isaline viennent me voir. Si non, je pense que je serais devenue une larve sans vie. J'essaie de sortir au moins une heure par jour pour éviter de tourner en rond. Je me promène, pas longtemps puisque c'est un peu fatiguant. Ma jambe ne me fait presque plus mal, ça me lance de temps en temps, c'est tout. Je dois attendre encore un mois minimum avant d'enlever mon plâtre, je le saurais lors de mon rendez-vous avec mon médecin. J'ai réussis à négocier avec mon patron, je pourrais retourner travailler bientôt, après le week-end. Enfin, travailler est un grand mot puisque j'ai dû mal à me déplacer, autant à pieds avec mes béquilles, qu'en prenant le bus ou en me faisant conduire. Les transports m'angoissent. C'est certainement post traumatique. Ma respiration se coupe dès que je rentre dans un véhicule. Je suis prise de tremblements et des flashs de l'accident me reviennent. J'essaie de vaincre cette nouvelle peur petit à petit, avant que ça soit trop tard. Je m'oblige à faire des trajets en transports tous les deux jours, même s'il ne dure que quelques minutes : c'est déjà bien.
J'ai envoyé un message à Isa tout à l'heure. Je lui ai demandé de venir me chercher. On va prendre le bus, puisqu'elle n'a toujours pas son permis. On va aller à un endroit que j'aime bien. C'est un petit lac. J'avais l'habitude d'y aller au début de notre rupture. C'est un endroit calme, presque abandonné : il n'y a jamais personne.
Nous sommes assises dans l'herbe, juste en face du lac. Aucune de nous ne veut briser ce silence, il est si apaisant. C'est le bon moment pour lui parler.
« Je fais des cauchemars. Elle attends que je poursuive. J'arrive pas à me l'enlever de la tête. J'y pense tout le temps, à l'accident, et à l'enfant. Je sais que ce n'est pas de ma faute, je sais que je n'aurais rien pu faire de plus. Malgré tout, je ne peux m'empêcher de m'en vouloir. Cet enfant n'avait rien demandé. Ce petit garçon n'aurait pas dû mourir. C'est lui que j'ai dessiné, parce que j'aurais voulu le connaître, parce que j'aurais voulu le sauver. Elle m'écoute sans rien dire. Elle a peur de me couper dans mon élan. Je voudrais écrire à ses parents, enfin, à sa mère. J'y ai pensé toute la semaine. Je ne sais pas si c'est une bonne idée, elle n'a sans doute pas envie de me parler, mais moi aussi j'ai besoin de faire mon deuil, même si je ne le connais pas. Je dois lui dire que je suis désolée, je dois... Pour lui, pour ce petit garçon. Je m'effondre dans ses bras. Elle me serre fort.
- Si tu en as besoin pour aller mieux, alors fais le. Même si elle ne veut pas te lire, ça reste son choix, mais tu peux toujours lui écrire. » Isaline a toujours fait ressortir le meilleur de moi. Je me dois de lui faire confiance. Maintenant, je n'ai plus à avoir peur de mes sentiments, je peux me laisser aller avec elle car je sais que je ne risque rien le temps qu'elle est à mes côtés.
Nous sommes rentrées pour dîner. Nous avons regardé un film avant d'aller dormir. Sa simple présence me réconforte.
Cette nuit là, je n'ai pas fais de cauchemars, je ne me suis pas réveillée en sursaut ou en sueur. Je me suis réveillée en début de matinée, dans ses bras si protecteurs. Elle me regarde de ses yeux doux. Je l'embrasse délicatement avant de me lever. Je lui ramène, tant bien que mal, un tasse de chocolat chaud et des petits gâteaux. Je retourne dans le salon et elle comprend que je veux être un moment seule. On en a parlé hier, je vais écrire la lettre.
« Madame,
Cela fait plusieurs jours, presque semaines, que je cherche le courage de vous écrire. J'ai eu, récemment, un accident de voiture avec votre mari et votre fils. Vous devez vous poser beaucoup de questions sur celui-ci, et malheureusement je ne pourrais pas y répondre car j'attends des réponses également. Je n'ai que quelques flash qui me reviennent parfois, souvent lorsque j'emprunte des transports, qui me provoquent des crises d'angoisses.
Lorsque j'étais à l'hôpital, on m'a informée de la gravité de cet accident. En voyant toute la tristesse que j'éprouve, je ne peux qu'imaginer votre douleur. Tous les matins, tous les jours, j'ai une pensée pour votre fils et je me demande : pourquoi lui, pourquoi a-t-il fallut que ce soit lui ? La culpabilité me ronge et j'aimerais tellement retourner en arrière pour effacer cela.
Je sais que mes mots ne suffiront pas à alléger votre peine mais je voudrais, madame, vous apporter mes plus sincères condoléances.
Je reste à votre disposition si vous avez besoin,
Coralie. »
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Coraline [Vengeance 2]
General FictionVous pensiez en avoir finis avec Coralie et Isaline? Eh bien non! Voici quelques extraits: « Isa... » c'est tout ce que Coralie avait réussis à dire. Puis elle partit en courant vers la sortie. Elle n'arrivait pas à la regarder en face. Elle se sen...
![Coraline [Vengeance 2]](https://img.wattpad.com/cover/272632725-64-k756531.jpg)