Chapitre 13

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- Bon, ce n'est pas tout, mais il va falloir échafauder un plan solide, et discret, lance Justin.

Nous avons disposé n'importe quel support sur lequel nous pouvions nous asseoir en rond, ce qui conférait à notre groupe une ambiance de réunion professionnelle. Encore une chose que je n'aurai peut-être jamais l'occasion de voir...me dis-je intérieurement en frissonnant. Je dois arrêter de penser à tout ce qui appartient à la vie d'une personne normale, car ce que je traverse n'en a plus du tout l'allure. Et me torturer l'esprit avec tout ce qui me manque ne m'aide pas.

Calée dans le fauteuil dans lequel je me suis endormie la nuit précédente, j'approuve en hochant la tête. Nous devons être minutieux si nous ne voulons pas nous faire remarquer et subir des jours de jeûne comme a connu le reste du groupe.

- Pour cela, nous devons rassembler ce que nous savons déjà sur cet endroit et les enfoirés qui le tiennent, ajoute Aiden, la voix agacée.

En m'attardant sur son visage, je pouvais apercevoir une lueur de vengeance briller dans son regard. Il devait tenir à Dylan, et même si je ne le connaissais que depuis un jour, tout au plus, je regrette sa présence parmi nous. Je ne peux oser imaginer la peine d'Amy. Je crois que ne pas savoir ce qui est arrivé à son frère, ou même ce qui peut lui arriver en ce moment précis, est le pire.

- Voyons voir, commence Justin, d'après ce que nous avons pu voir, il n'y a qu'un bâtiment de la sorte, sur au moins 3 étages. Il n'y a que des escaliers les séparant, et comme nous nous ne sommes jamais aventurés plus haut, ni plus bas, qui sait combien de mètres nous emprisonnent du monde extérieur...finit-il en se frottant le visage avec ses mains, désespéré.

- Peut-être que nous pourrions commencer par-là, suggéré-je. Nous ne connaissons pas grand-chose, finalement. Il doit bien y avoir un centre, je veux dire, peut être un étage où l'homme étrange et ses soldats contrôlent tout. De plus, ces derniers ne se montrent que la nuit.

- Tu veux dire que nous devrions espionner dans l'antre même de ceux qui nous infligent ça ? demande Oliver, les sourcils froncés. Si tu veux mon avis, ça me semble bien trop risqué, avoue-t-il. Nous allons nous faire flinguer avant même que nous puissions voir quoique ce soit.

- Alors quoi ? Je suis supposée rester plantée là à attendre que ça vienne, Oliver ? crache Amy. Mon frère est sûrement mort à l'heure qu'il est ! s'écrie-t-elle en laissant échapper un sanglot. Et tu trouves « trop risqué » de bouger ?

- Hé, je n'y suis pour rien si ces cinglés s'en sont pris à lui, d'accord ? riposte le blond.

- Qu'est-ce qui me dit que je devrais te croire ? Ce n'est pas comme si vous vous appréciez, lance la jeune fille.

- Qu'insinues-tu ? s'indigne Oliver. Je te signale que ce n'est pas moi qui murmurais à l'oreille d'une fille en cachette, lâche Oliver en haussant le ton et qui s'était levé d'un bond.

Cette révélation pour le moins étonnante a l'effet d'installer un silence de marbre dans la pièce. Surprise, je me dis que beaucoup de choses ont pu se produire avant que je n'arrive, et que certains ne disent peut-être pas tout.

- Quoi ? dit Aiden, l'air tout aussi hébété que moi. Il ne paraît pas en savoir plus que moi, et Justin non plus d'ailleurs. Je me rassure en constatant que je ne suis pas la seule à être confuse.

Les muscles tendus, Oliver se rassoit pour entreprendre de développer ses propos.

- Tu as peut-être choisi de faire l'aveugle, mais j'ai bien vu qu'il parlait en douce à cette brune. J'ai bien remarqué son regard anxieux à l'idée que quelqu'un le voie.

- C'était bien avant que les autres soient arrivés, et il rapidement cessé tout contact avec elle, alors la ferme ! rétorque Amy.

- Ha, il manquait de compagnie féminine donc, sous-entend le jeune homme.

C'était le mot de trop, l'étincelle qui allumait un brasier sur le point de s'enflammer, suivi par le poing droit d'Amy assénant un coup brutal dans le visage d'Oliver. Aiden s'était levé et retenait la jeune fille d'envoyer d'autres coups.

- Hé oh, on se calme, ok ? Nous sommes tous à bouts de nerf, mais s'emporter ne va que compliquer notre situation, adresse Aiden à l'ensemble de notre groupe, tenant toujours Amy fermement.

Celle-ci se reprend, avant de pointer son index vers Oliver, les veines du cou saillantes et sa voix bouillonnante de rage :

- Tu es vraiment un sacré imbécile pour manquer d'autant de respect. Et pour ta gouverne, Dylan ne manquait d'aucune compagnie féminine, continue-t-elle imitant des guillemets avec ses doigts pour reprendre la remarque d'Oliver, parce qu'il est asexuel ! Mais t'es tellement fermé du crâne, que tu ne sais sûrement pas ce que ça veut dire !

Les joues cramoisies par la honte, Oliver demeure silencieux. Amy finit par s'asseoir sur le lit d'Aiden, des larmes coulant sur ses joues.

Je m'apprête à me lever de mon siège pour aller la réconforter, puis me ravise. Après cet éclat de colère, tout de même justifié selon moi, peut-être vaut-il mieux la laisser se calmer seule.

Après un silence plus que lourd, Oliver déclare :

- Si, je sais ce que ça signifie. Je suis désolé, je ne savais pas.

S'il tient à obtenir le pardon d'Amy, il va falloir s'excuser plus que ça. Cela s'apparente plus à une justification qu'une excuse. La brune ne répond que par l'ignorance, et nous annonce qu'elle va prendre l'air. Nous la laissons faire, à condition qu'elle reste devant la porte de la chambre. Sa sécurité et la notre n'est pas assurée, et ne l'a jamais été, au fond.

Une fois sortie, Justin se poste devant Oliver :

- Si tu voulais tout gâcher, bravo mec, c'est réussi !

- C'est bon, je sais que je suis allé trop loin, mais t'as vu le pain qu'elle m'a mis ? se justifie le jeune homme.

- Si tu veux savoir, c'était mérité, avoué-je. Laisse-lui du temps, et t'as intérêt à t'excuser convenablement, par respect pour son frère.

- Je le ferai, promet-il.

Amy n'est revenue que cinq minutes après ces mots, les yeux rougis de plus belle. Je lui ai adressé un sourire qu'elle ma timidement rendu, confirmant que nous pouvions continuer notre réunion clandestine. La tension était si palpable que j'aurais pu la toucher du bout de mes doigts, mais au moins, le blond s'excuserait et nous pourrions avancer, même si c'était à l'aveuglette. Nous n'avons guère le choix, sinon de disparaître où diable sait. Et l'existence de tout espoir mourrait avec nous.

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⏰ Dernière mise à jour : Aug 16, 2021 ⏰

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