Chapitre 3

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Je me tétanise. Est ce que je dois répondre ? Je décide que oui, de toute manière je n'ai rien à perdre et je veux savoir pourquoi j'ai atterri ici.

- Qui êtes-vous ? je demande, d'une voix plus tremblotante que je ne l'aurai voulue.

Pas de réponse. Peut être que la personne qui a toqué ne parle pas ma langue ? Ou peut-être bien qu'elle est partie, ce que je redoute le plus. Je tente ma chance une nouvelle fois pour en avoir le cur net.

-QUI ÊTES-VOUS ? je m'écrie, beaucoup plus fort.

Je perçois un son de loquet qui se déverrouille, et soudain, la porte s'ouvre à la volée, et une silhouette féminine avance tout naturellement, comme si elle avait l'habitude de venir ici. Elle porte une combinaison à manches courtes foncée, qui lui arrive jusqu'en dessous des genoux. Je distingue sa main qui s'avance vers le mur à sa droite, et qui appuie à cet endroit. Aveuglée par une lumière soudaine, je comprends qu'elle a actionné l'interrupteur principal de la pièce. Il me faut un court instant pour réussir à ouvrir complètement les yeux.

Je peux maintenant voir avec précision les traits de la femme se tenant devant moi. Elle doit avoir environ vingt-cinq ans, tout au plus. Ses cheveux, châtains, lui tombent jusqu'aux épaules. Elle me regarde de ses yeux bleus, sans expression particulière, mis à part ce que je pense être de la curiosité.

De longues secondes s'écoulent le temps que je retrouve la parole. Je ne sais pas par où commencer : beaucoup trop de questions fusent dans ma tête et je suis désorientée.

- Qu'est ce...débute-je...Je suis où ?

-Tu es en sécurité, me répond la femme d'une voix banale.

Hein ? C'est tout ce qu'elle a à me dire ? Pourquoi aurais-je besoin d'être protégée ? Je crains le pire.

- En sécurité ? Qu'est ce que ça veut dire ? Pourquoi je ne me souviens de rien ? Qu'est ce qu'il se passe ?

La jeune femme ne me répond pas. Je perds patience. Si c'est une blague, ce n'est absolument pas drôle.

- RÉPONDEZ ! QU'EST CE QUE JE FOUS ICI ? je crie.

-Intéressant...Je ne peux rien te dire pour l'instant, mais je dois m'assurer que tu ailles bien. Enfin d'après ce que je vois, ça m'a plutôt l'air d'aller. Je dois quand même faire des tests, si tu-

- Je vous laisserai pas me toucher tant que je n'ai pas de réponses ! interromps-je.

- C'est pour ton bien. Je ne te dirai rien si tu continues. Tu préfères peut-être que je te laisse et que je parte ? me menace-t-elle.

Cette femme a l'air de me prendre pour une enfant. Mais je ne dis rien. Et me laisse faire. Si je veux obtenir des réponses et quitter cet endroit de tarés, je dois me faire violence.

-C'est bien ce que je pensais. Commençons par les bases, tu veux ? Allison Sparks, seize ans, née le 15 février 2003 à Austin, dans l'état du Texas, correct ?

J'acquiesce en hochant la tête, subjuguée. Comment peut-elle savoir tout ça ? Elle a sûrement obtenu ces informations en parlant à quelqu'un...ce qui signifie qu'elle a certainement dû entrer en contact avec mes parents ou quelqu'un d'autre de ma famille ! L'envie de lui poser la question est au bord de mes lèvres, mais j'essaie de me contenir jusqu'à temps qu'elle ait fini ses espèces de tests.

- Je vais faire une rapide auscultation, puis je vais t'administrer un petit cocktail de vitamines, même si je pense que tu n'en as pas vraiment besoin, soupire-t-elle.

Je m'assois sur le lit et la laisse faire, doutant qu'elle puisse entendre le bourdonnement des questions qui courent à toute vitesse dans mon esprit. Son "cocktail" qu'elle me donne par le biais d'une seringue, étrangement, m'apaise. Je ne bouge même pas d'un poil lorsque l'aiguille rentre dans ma peau (je n'ai jamais eu peur des aiguilles).

Une fois qu'elle a fini, elle me regarde, d'une expression que je n'arrive pas à déchiffrer. Puis, semblant revenir à elle, elle m'annonce que je ne dois pas m'inquiéter.

Sa voix paraît lointaine, je ne comprends pas. En fait, j'ai même du mal à réfléchir. Elle s'éloigne, et au fur et à mesure, sa silhouette paraît floue.
Ma vision se brouille. J'essaie de l'appeler, mais aucun son ne sort de ma bouche.
Ma tête, devenant de plus en plus lourde, tombe sur l'oreiller, et la dernière pensée qui traverse mon esprit avant de fermer les yeux me dit que la prochaine fois, je lui balancerai la seringue dans l'œil.

this is not a dreamOù les histoires vivent. Découvrez maintenant