Depuis sa prime jeunesse, Kil n'était qu'un voyageur avide de découverte et de nouveaux mondes qu'il dévorait comme certains lisent des livres. Mais il n'était pas très à l'aise en présence de ses semblables et il fallait dire qu'il n'avait jamais fait beaucoup d'efforts pour vivre en communauté ; il s'avérait très peu intéressé par les principes et les objectifs des humains.
Avec le temps, cette espèce n'avait fait que s'installer en d'immenses colonies et une fois sédentarisés, les hommes restaient confinés à leur simple quotidien dans les cités ou dans les stations spatiales.
Kil était bien mieux tout seul, face à la diversité des univers et de ce qu'ils pouvaient lui apporter en connaissances et en expérience de vie.
En s'approchant du « buisson », il avança sa main pour saisir sa mallette mais il la retira brusquement. L'une des plantes avait frémi légèrement à son approche et il ne désirait pas déclencher un quelconque mécanisme de défense potentiellement mortel pour lui. Il observa autour de lui à la recherche d'une branche ou d'un objet inerte qui puisse attirer la mallette à lui sans qu'il n'ait à toucher les plantes mais le sol était uniquement parsemé de ces amas végétaux étranges.
En s'approchant un peu plus près, il vit que les plantes de couleur rosâtre imitaient très bien le pigment de la peau humaine et elles arboraient un aspect mou et un peu repoussant. Tels des doigts désarticulés, ils s'entortillaient aussi les uns autour des autres comme une pelote protectrice mais la mallette en métal perturbait visiblement leur quiétude.
Un mouvement presque imperceptible agitait le tas gluant et après un soubresaut plus fort que les autres, les tentacules roses se gonflèrent d'un coup, provoquant à Kil de basculer à la renverse.
Un frisson de dégoût cette fois-ci le secoua et il se releva prudemment.
C'est dégueu... Mais je dois choper la mallette au plus vite sinon elle va me la bouffer toute crue.
Sans réfléchir, l'homme se jeta sur le bout scintillant qui dépassait de l'horrible boule de chair; elle était gonflée et parsemée de veines violettes qui pulsaient au rythme d'un profond battement de cœur. Le coin de la mallette glissait sous ses doigts, mais aucun pic venimeux ou autre nuage de spores toxiques ne sortit de la plante tandis qu'il tirait comme il le pouvait : c'était déjà ça.
Puis la plante s'arrêta de gigoter pendant une très longue seconde et recracha brusquement la mallette qui percuta de plein fouet de visage de Kil, tombant une nouvelle fois en arrière.
Putain...
Des étoiles dansaient devant ses yeux et il porta une main à son nez : cassé.
En se redressant péniblement, sa vision s'éclaircit peu à peu et il fut stupéfait de constater que la plante avait repris sa taille initiale en un instant ainsi que son immobilité. À son paroxysme, elle avait atteint la hauteur de poitrine de Kil et malgré son absence d'attributs agressifs, cela restait effrayant et impressionnant. Quelques gouttes de sang s'écoulèrent de sa narine endolorie par le choc et vinrent s'écraser au sol.
Fait qui stupéfia Kil ; les gouttes disparurent instantanément dans la terre qui émit une faible lueur violette avant de redevenir normale, sans laisser aucune trace.
Curieux...
Puis il déchanta rapidement en constatant que toute une partie de sa mallette avait été comprimée une fois dans la gueule contractée de la plante.
A vue d'œil, il savait que son extra capsule d'oxygène avait été aplatie, ses provisions écrasées et certaines de ses balises-robots détruites.
Heureusement, son canif était resté dans la poche de poitrine de sa combinaison et il put découper la partie non-écrasée de la mallette pour en tirer la corde en métal et les marqueurs.
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KIL
FantascienzaKil est un vagabond spatial. Misanthrope, il préfère la compagnie silencieuse des étoiles à celle de ses congénères et il voyage seul. Malgré la rudesse du cosmos, Kil en parcourt tous les recoins car sa soif de découverte n'a aucune limite. Mais pe...
