Soudain, une lumière jaillit des ténèbres bien plus loin avant de disparaître doucement. Kil cligna plusieurs fois des yeux, pensant être victime d'hallucinations visuelles ; on aurait dit un phare lumineux qui aurait clignoté une fois avant de s'éteindre progressivement.
Cela se reproduisit encore deux fois, bien plus près de Kil et plus longtemps. À chaque fois l'homme s'arrêtait pour écouter, le cœur battant mais rien ne vint, aucun bruit. Il décida donc de faire abstraction de ces lueurs, préférant se rassurer sur de possibles mirages visuels parfaitement bénins en de telles conditions de stress.
Cette fois-ci, une lumière s'alluma juste devant lui, derrière le tronc auquel il faisait face. Elle illumina les lieux pendant un instant et Kil put voir clairement tout autour de lui. Il contourna le tronc précipitamment en espérant voir l'origine de cet éclat mais tout redevint obscure et il ne vit plus rien.
Par réflexe, il saisit son canif toujours rangé dans sa poche de poitrine et pressa le bouton qui fit sortir la petite lame laser rougeoyante.
Son cœur rata un battement et il leva très lentement la lame vers le haut.
Au-dessus de lui, le plafond de branches était en réalité composé de milliers de créatures fourmillantes ressemblant à des petites branches pointues qui s'agitaient et cliquetaient en silence.
Putain c'est quoi ce bordel... Il y a bien des milliers de trucs qui bougent au-dessus de moi, mais ils ne font aucun bruit. Depuis combien de temps je passe en dessous de ces machins ?
Il ne put retenir le profond frisson de dégoût qui ébroua son corps de la tête aux pieds cette fois-ci. Visiblement, l'aspect de la lame laser ne plaisait pas à ces êtres qui s'agitaient de plus en plus vite, formant un amas compact et difforme pile au-dessus de sa tête.
En observant de plus près, Kil vit qu'entre les brindilles vivantes apparaissaient des globes gris qui pointèrent tous dans sa direction les uns après les autres comme des yeux aveugles. Puis, d'un même élan, tous les petits globes semblables à des perles nacrées s'éclairèrent autour de lui, rendant invisible la lumière rouge du canif et paralysant Kil sur place.
L'intensité était telle qu'il vit des tâches noires se dessiner devant ses yeux et il dû les couvrir de son avant-bras pour préserver sa vision. Lui qui marchait depuis si longtemps dans le noir total était complètement aveuglé par cette puissante lumière et il rangea son canif à l'aveugle.
Après quelques secondes angoissantes de tachycardie et toujours plongé dans le silence total, Kil osa ôter son bras pour voir.
La nuit profonde était sûrement de retour, mais il n'en su rien car les sphères lumineuses qui l'avaient agressé quelques secondes plus tôt demeuraient gravées sur sa rétine. Il ne distinguait même pas les arbres devant lui, privé de son sens le plus important et il s'accroupit pour reprendre son souffle et se calmer.
Calme-toi Kil. Respire, c'est pas le moment de faire une crise de panique. Les tâches vont s'estomper, je dois juste reposer mes yeux pour qu'ils se réadaptent à l'obscurité.
Il ne sut combien de temps il était resté là à attendre les yeux fermés, mais ce moment d'arrêt lui fit du bien. Le laser avait dû alerter l'organisme qui s'étendait au-dessus de lui du danger et il avait réagi en imposant une lumière plus forte afin de le contrer.
Si cet endroit était bien ce que Kil croyait, alors ces êtres étaient déjà au courant de la dangerosité que représentait pour eux le canif ; ils avaient simplement réagi avant de subir des dégâts.
Flippant...
Kil ne préféra pas retenter l'expérience de s'éclairer par ses propres moyens mais il apposa tout de même un marqueur au sol. Il éviterait d'activer son faisceau lumineux tant qu'il progressait dans cette partie de la forêt : il ne souhaitait pas se reprendre une semonce lumineuse de l'essaim de branches vivantes.
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KIL
Ficção CientíficaKil est un vagabond spatial. Misanthrope, il préfère la compagnie silencieuse des étoiles à celle de ses congénères et il voyage seul. Malgré la rudesse du cosmos, Kil en parcourt tous les recoins car sa soif de découverte n'a aucune limite. Mais pe...
