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Chapitre 27

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Cela faisait maintenant quelques semaines que nous avions emménagé dans la maison laissée par le père de Karim, et je commençais enfin à m'habituer à cet espace immense. Chaque pièce me semblait plus familière à mesure que je l'occupais.

Le salon, avec ses canapés crème et sa table basse en verre, avait commencé à refléter un peu de notre vie. Quelques livres traînaient sur les étagères, des coussins avaient trouvé leur place sur les fauteuils, et le tapis, qui me paraissait froid au début, semblait désormais accueillant. La cuisine, avec ses plans de travail en marbre et ses appareils modernes, était devenue le centre de nos repas improvisés et de nos conversations tardives.

À l'étage, ma chambre avait commencé à se remplir de petites touches personnelles. Des photos, quelques vêtements éparpillés, et cette vue sur le jardin me rappelaient que cette maison n'était plus simplement un héritage ou un bâtiment luxueux. Elle commençait à devenir un vrai foyer.

Assise près de ma fenêtre, je pouvais sentir une étrange stabilité m'envahir. Certes, le passé et les secrets de chacun continuaient de flotter dans l'air, mais ici, dans cette maison, il semblait possible de respirer, de se reconstruire, et peut-être, doucement, d'apprendre à avancer.

Assise près de ma fenêtre, je regardais Karim s'affairer dans le salon, concentré sur ses papiers comme s'il préparait déjà ses prochaines manœuvres au bureau. Il avait toujours ce côté sérieux, presque froid, mais je sentais qu'une partie de lui commençait à se détendre ici, dans cette maison qui avait été sienne depuis toujours. J'ignorais encore si je devais m'en réjouir ou m'inquiéter.

Ngoné, elle, avait transformé sa chambre en petit cocon. Ses rires résonnaient parfois dans le couloir, et cela me tirait un sourire malgré moi. Sa façon de mettre sa touche partout me rappelait que cette maison n'était plus juste un héritage de Karim, mais un foyer que nous pouvions faire nôtre tous ensemble.

Pour ma part, je me sentais encore tiraillée. Je n'étais pas certaine de pouvoir complètement faire confiance à Karim, pas après tout ce que j'avais vu et vécu. Pourtant, le voir ici, attentif, sérieux mais vulnérable par moments, réveillait quelque chose en moi. Et Ngoné... voir cette fille forte et indépendante se mêler à notre quotidien m'inspirait une sorte de courage que je n'avais pas encore trouvé en moi.

Je me demandais comment nous allions cohabiter dans les semaines à venir. Comment Karim allait gérer ses affaires et sa famille, comment Ngoné allait continuer à trouver sa place, et comment moi, je pourrais enfin me reconstruire sans me perdre dans la tourmente des secrets et des rancunes.

La maison, si grande et silencieuse parfois, devenait un espace de possibilités, et pour la première fois depuis longtemps, je sentais que peut-être nous pouvions tous y trouver un semblant de paix... ou du moins, un lieu pour essayer.

*Point de vue de Karim*

Je regardais Jule s'installer en face de moi, ce sourire faussement détendu sur les lèvres. Je savais qu'il avait quelque chose à cacher, et aujourd'hui, j'étais déterminé à le pousser dans ses retranchements.

« Alors Karim, tu voulais me voir pour quoi exactement ? » demanda-t-il, d'un ton qui se voulait décontracté.

Je pris un moment pour croiser ses yeux, sans un mot. Chaque silence était un poids. « Il y a certains points concernant les comptes et les projets récents que je voudrais clarifier. Rien de bien grave, mais il est préférable d'être sûr de tout. »

Il soupira, posant ses mains sur le bureau. « Tu veux dire que tu doutes de moi ? » Sa voix trahissait un léger agacement.

Je hochai lentement la tête. « Je ne doute pas de toi, je préfère simplement m'assurer que tout est en ordre. Tu sais à quel point les détails comptent dans notre travail. »

AU NOM DE LA JUSTICE!Des histoires addictives. Découvrez maintenant