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Chapitre 30

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*Dans la peau de Karim*

Le moteur de ma voiture vrombissait sous mes mains, résonnant comme un avertissement dans le silence du matin. La ville s'éveillait doucement, mais moi, je n'avais d'yeux que pour la route et pour les mouvements autour de moi. Chaque voiture, chaque passant devenait un possible indice.

Je savais que celui qui m'avait envoyé ce message ne me laisserait pas agir facilement. Mon instinct me disait de ne pas prendre de risques inutiles, mais la colère me brûlait. Il avait osé toucher Fatima, il avait osé me provoquer. Et moi, je n'étais pas du genre à rester les bras croisés.

Je pris le boulevard principal, surveillant mes rétroviseurs. Rien. Juste les premières lueurs du soleil qui se reflétaient sur le bitume humide. Je pressai légèrement l'accélérateur, savourant le contrôle que j'avais sur la route, sur ma vie... sur tout.

Puis je le vis.

Une voiture noire, un modèle ancien, discret mais inquiétant, qui roulait à la même vitesse que moi, toujours légèrement en retrait. Mon sang se glaça. Je ralentis un peu, observant les réactions du conducteur. Pas de lumière clignotante, pas de changement de vitesse. Simplement une présence silencieuse, menaçante.

Alors, c'est toi... murmurai-je pour moi-même.

Je savais que la prudence était de mise. Je pris des petites rues parallèles, essayant de semer ce type. Mais à chaque détour, il réapparaissait, toujours à distance calculée, comme s'il connaissait tous mes mouvements.

Je décidai alors de changer de stratégie. Plutôt que de fuir, je voulais confronter. Je pris un chemin qui menait à un parking désert, suffisamment large pour manœuvrer. Une fois garé, je coupai le moteur et éteignis les phares. Mon cœur battait à tout rompre.

La voiture noire passa devant moi, ralentit un instant, puis continua sa route comme si de rien n'était. Mais je savais qu'il avait remarqué mon arrêt. Et ça... ça me donnait un avantage.

Je sortis de la Ferrari, regardant autour de moi. Aucun bruit, juste le vent et le cliquetis lointain des constructions. Je pris mon téléphone et composai le numéro du commissariat, demandant discrètement à un contact de vérifier toute information sur les véhicules suspects qui avaient été signalés dans la zone ces derniers jours.

Mon regard retourna vers la route. Je savais qu'il ne fallait pas le laisser filer. Chaque minute comptait. Chaque faux mouvement pouvait tout compromettre. Et je ne pouvais pas me permettre d'échouer. Pas cette fois.

Fatima était en sécurité pour le moment, mais je sentais que ce n'était que le début. Le vrai jeu commençait maintenant.

Le soleil était à peine monté dans le ciel quand je repris la route.
Le souvenir de cette voiture noire me hantait. Elle roulait dans mes pensées comme un cauchemar récurrent.
Je ne pouvais pas laisser passer ça. Pas après tout ce qui s'était passé.

Je décidai de retourner à l'endroit où je l'avais vue pour la dernière fois. Les rues étaient presque vides, et la ville semblait retenir son souffle. Je me garai discrètement, observant chaque détail, chaque recoin. Puis, soudain, quelque chose attira mon attention : un petit bout de papier blanc, coincé sous une pierre, à l'endroit exact où la voiture avait ralenti avant de disparaître.

Je sortis, ramassai le papier avec précaution. Il était froissé, taché d'huile, mais quelques mots restaient lisibles :

« Tout se sait tôt ou tard. Dis-lui de se taire. »

Mon cœur fit un bond. "Dis-lui" ? Qui ? Fatima ? Ou peut-être Jules ?
Je sentis une bouffée de colère me monter au visage. Quelqu'un essayait de m'intimider, ou pire, de me manipuler.

AU NOM DE LA JUSTICE!Des histoires addictives. Découvrez maintenant