Chapitre 26

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Je me tenais devant le miroir, la robe bustier évasée blanche qui épousait parfaitement mes formes. Ngoné me regardait avec ce sourire malicieux, et je sentais que malgré moi, un petit sourire se dessinait sur mes lèvres. Ce soir, je devais me changer les idées, oublier la douleur qui me pesait depuis des semaines.

« Tu es magnifique », souffla Ngoné derrière moi.

« Arrête un peu... », marmonnai-je, mais je ne pus m'empêcher de sourire.

Elle ne se laissa pas démonter et me tendit une robe noire longue avec une traîne.

« Tu la prendras », dit-elle, les yeux pétillants. « Elle est faite pour toi. »

Je pris la robe, la caressant du bout des doigts. Pour une fois, je me sentais légère. Peut-être que ce gala me permettrait de me sentir vivante à nouveau, de respirer un peu après tout ce chaos.

Nous montâmes dans le taxi, et je jetai un dernier regard à la ville qui défilait. Les lumières me fascinaient, les rires des passants me semblaient lointains. Ngoné, assise à côté de moi, semblait aussi impatiente que moi.

« Prête à briller ? » me lança-t-elle, ses yeux brillants de malice.

« Si tu veux », répondis-je, en essayant de cacher mon trac.

Dès notre arrivée au Radisson Blue, je fus submergée par l'élégance et le faste du lieu. Les invités scintillaient dans leurs tenues luxueuses, les lumières dansaient sur les murs et le plafond. Je me sentais à la fois intimidée et fascinée.

Ngoné attrapa ma main et m'entraîna à travers la foule. Pour la première fois depuis longtemps, je me laissai emporter. Je n'étais plus cette Fatima perdue, paralysée par les secrets de ma famille et les déceptions du passé. Ce soir, je devais simplement vivre, même si ce n'était qu'un instant.

*Dans la tête de Karim*

Je regardais Fatima et Ngoné s'éloigner vers le taxi, mon cœur serré par un mélange d'inquiétude et de frustration. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander ce qu'elles faisaient exactement, et pourquoi mon esprit s'acharnait à les imaginer en danger, ou pire, en train de sourire à un autre que moi.

Depuis que nous avions appris pour l'héritage, tout semblait chaotique dans ma tête. L'argent aurait pu être une victoire, un moyen de contrôler quelque chose dans ce monde de merde, mais il n'avait fait que creuser le vide. Et là, à les voir partir vers ce gala, je sentais cette même impuissance me ronger. Fatima... elle avait ce quelque chose qui me désarmait toujours. Ce n'était pas juste de l'attirance. C'était plus profond.

Je marchais dans les rues de Dakar, perdu dans mes pensées. Chaque pas me ramenait à cette idée que je devais la protéger, même si elle ne voulait pas de moi. Et puis, il y avait mon frère... Racine. Ce gars qui s'enfermait dans sa colère et son alcool, qui vivait dans l'ombre de secrets que je n'avais jamais compris. J'aurais voulu pouvoir tout arranger, mais je savais que je ne pouvais rien pour eux, ni pour elle.

Pourtant, une partie de moi espérait secrètement que ce gala ne soit pas qu'une soirée mondaine pour Fatima. Que peut-être, juste peut-être, quelque chose d'inattendu allait se produire... quelque chose qui me permettrait d'entrer dans sa vie d'une façon que je n'avais jamais osé.

Et je le savais déjà, au fond de moi : je ne pourrais jamais rester à l'écart. Pas quand elle était là. Pas quand tout ce que je ressentais pour elle me consumait de l'intérieur.

Je me stoppai net au coin de la rue. Le gala. Radisson Blue. Le genre d'endroit où Fatima brillait sans même essayer. Et moi... moi j'étais là, dans mes habits simples, incapable de m'ôter cette idée de la tête : je devais être là. Même si je n'avais aucune invitation, même si ça semblait ridicule.

AU NOM DE LA JUSTICE!Des histoires addictives. Découvrez maintenant