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chapitre 31

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*Dans la peau de Jules Diagne*

Ce matin, l'air a un goût de fer.
Je me suis réveillé avant le lever du soleil, incapable de fermer l'œil.
Aujourd'hui, c'est le jour du procès.
Mon procès.

Ils pensent que je vais tomber.
Ils pensent que je vais me laisser écraser.
Mais ils se trompent.
J'ai toujours su manipuler les hommes, les convaincre, les faire douter.
Et aujourd'hui ne sera pas différent.

Je me regarde dans le miroir : costume gris clair, cravate bordeaux, regard froid.
Pas celui d'un coupable, mais d'un homme sûr de lui.
Le reflet que je renvoie doit être celui d'un innocent.
Je ne leur donnerai pas le plaisir de me voir trembler.

Quand j'entre dans la voiture de police, menotté, je sens les regards.
Des policiers que j'ai probablement croisés à des soirées, à des réunions d'affaires.
Aujourd'hui, ils me traitent comme un criminel.
Quelle ironie.

Le tribunal est déjà plein à craquer.
Des journalistes, des curieux, des ennemis déguisés en amis.
Et au milieu de tout ça... Karim.

Lui.
Ce gamin ambitieux que j'ai pourtant façonné, formé, promu.
Je l'ai accueilli dans mon entreprise, et voilà comment il me remercie : en me poignardant dans le dos.
Je le vois, droit, froid, presque fier.
Il croit m'avoir.

Et puis, il y a elle.
Fatima.
Son regard est un mélange de haine et de douleur.
Cette fille... je ne voulais pas qu'elle souffre, du moins pas autant.
Tout ce que j'ai fait, c'était pour garder ce que j'avais construit.
Mais le destin est cruel — il a retourné mes propres armes contre moi.

Je m'assois.
Les chaînes autour de mes poignets me brûlent, mais je garde la tête haute.
Le juge entre.
Tout le monde se lève.
La voix du greffier résonne, monotone, mécanique.
Et puis le silence.

— Monsieur Jules Diagne, vous êtes accusé de meurtre avec préméditation, falsification de documents, détournement de fonds et complicité d'enlèvement.

Je ne bronche pas.

J'ai entendu pire.
Je sais jouer la comédie.
Je sais pleurer quand il faut, sourire au bon moment.

Mais quand j'entends un nom, mon cœur rate un battement.
Ahmad.
Mon fils.

Je baisse la tête un instant.
Je ne m'attendais pas à ça.
Je pensais qu'il resterait loin de tout ça, qu'il me protégerait.
Mais il a choisi son camp.
Le camp de la vérité.

Quand il s'avance à la barre, je sens une bouffée d'amertume monter en moi.
Il ne tremble pas.
Il parle avec assurance, avec droiture.
Il dit des mots que je n'aurais jamais voulu entendre.
"Je sais qui est mon père. Et je sais ce qu'il a fait."

Je ferme les yeux.
Je voudrais crier, lui dire qu'il ne comprend rien.
Que j'ai fait tout cela pour le protéger, pour qu'il ait un nom, une puissance.
Mais la vérité, c'est que je ne l'ai jamais vraiment protégé.
Je n'ai protégé que moi.

Puis vient le tour de Karim.
Ce visage calme, presque froid, m'énerve plus que tout.
Il parle, présente ses preuves, ses dossiers, ses copies de contrats, ses relevés bancaires.
Chaque mot qu'il prononce est comme une lame qui s'enfonce dans ma chair.
Il ne me regarde pas, mais je sais qu'il savoure chaque seconde.

Et puis la vidéo.
Je ne m'y attendais pas.
Les aveux des ravisseurs.
Ma voix.
Mon ordre.

"Faites ce qu'il faut. Qu'elle disparaisse."

La salle devient folle.
Des cris, des pleurs, des regards qui se tournent vers moi comme vers un monstre.
Je sens la panique monter, mais je ne dois pas céder.
Je me lève brusquement.
— C'est faux ! criai-je. C'est un montage ! Une mascarade !

AU NOM DE LA JUSTICE!Des histoires addictives. Découvrez maintenant