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17.  DIX-SEPTIÈME
let us live, since we must die.

6th January — 2019
The Last Jar

Tic.

Tac.

Tic.

Tac.

C'était le bruit des secondes contre ses tempes, le soleil cramoisi et ce vent invisible qui lui embrasait l'esprit. Le temps s'effilochait comme les clichés à son écran de noir ; caméscope vide de lui, caméscope amer de la vie.

Jisung, il parût encore s'oublier entre le décors de l'existence et les lumières d'un monde qu'il semblait méconnaître. Il se pinçait les lèvres, écrasait ; enfonçait ces boutons pour défiler sur ce passé pas si lointain. Sur ces éclats vivants qui avaient peut être laissé une bien trop grande empreinte sur son teint perturbé.

Il voyait le brun de ses oculaires s'assombrir dans le virtuel, absent d'une réalité malheureusement faite.

Il était anxieux. 

Il était lui.

Il avait la boule au ventre.

Les pensées réduites.

Et sous l'innocence d'un ciel orangé, Minho partageait quelques syllabes avec le reste des garçons, à l'opposé — au-delà d'un simple regard, de sa propre imagination et ses émotions fuyardes. Son corps parlait bien plus distinctement que ses lèvres et son âme à lui ; ô, Minho il ne savait pas se taire de lui. Sous quelques brumes chaudes, l'on pouvait voir une tignasse blondine se pointer vers l'extérieur du pick-up, le bout du nez toujours plongé dans cette malsaine curiosité.

Mais jamais l'on ne s'attardait sur sa sensibilité ; c'était ça aussi, l'amitié. 

Jisung visualisa à nouveau les souvenirs perdus sur la plage de St-Kilda, à l'odeur de brûlé et de coquillages d'une mer trop salée. Il se rappelait des soliloques à la Lune et aux vagues intempéries, à ces garçons qui courraient vers la vie malgré les chutées  à venir sous leur corps en déséquilibre. Il se rappelait d'un trop plein de tout qui apparaissait sous ses yeux comme des flash de coloris, des fouillis de couleurs voués à s'amenuir.

Et puis surtout il vit Elsie lui sourire. Pudique convalescence d'un corps qui semblait lui appartenir.

À lui, à ce garçon voleur de nuits.

Il reconnaissait un semblant de nostalgie, un bonheur fébrile s'imprimer dans des corps étrangers ; les lumières de ce feu illicite brûlant non loin de leur silhouette venait égayer leur innocence, la sincérité de leur échange sous quelques regards de la Lune.

COMME DES GARÇONS, minsung Des histoires addictives. Découvrez maintenant