❝ À nos baisers, au amer goût de bière. Santé. ❞
Les secrets de Minho, c'est un peu comme sa cigarette. Ils s'entremêlent aux effluves de Jisung, cet étranger dont les facettes ne scintillent qu'au bord des regards trop timides. Et entre tout, il...
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18. DIX-HUITIÈME just like two fallen angels
6th January — 2019
Lorsque l'on se souvenait de la fantaisie juvénile de l'adolescence, on y associait à ce bout d'existence une certaine fluorescence de l'âme se courbant à des phases enjolivées pour survivre à la vie et ses instances à jubiler.
Il y avait dans ces moments-là, la folie des doux âges qui frappait contre la poitrine comme un orchestre cardiaque ; on criait au monde la révolution émotionnelle, on appelait a l'aide en dansant la couleur de nos êtres. Il y avait, les béguins et les cigarettes, souffler l'amour dans un nuage de poison pour ne plus paraître sous des flirts-hameçon.
Et peut-être que c'était ainsi qu'il s'aurait imaginé son vendredi. Un peu amoché par le brouillard de sa clope, un brin lointain dans ses idées tant l'effluve lui rappelait les pires aumônes.
Ça sentait la fumée, une odeur âcre d'essence versé, les brûlures d'un passé ravivé par la boucanerie de la ferraille vidée.
Ça sentait le gazon fraîchement coupé, cette essence de petrichor lorsque la pluie avait trop pleuré - mais il n'y avait pas eu de larmes, que des remords de tourmente et ce semblant d'inexistence.
Elle luisait la carrosserie, sous quelques étoiles peu allumées. Ils étaient toujours là eux-aussi, ces deux victimes de fatalité.
Il ouvrait péniblement les yeux, la brise tiède venait lui caresser les joues comme l'air nouveau d'un poème solaire. Les traits assez nets de la maison des Sinclair se brouillaient à l'approche de ses regards tourmentés. Ses pupilles vacillaient entre le vague et l'inconnu, tout lui semblait éteint et confus. L'épais panache formé sous cette coquille lustrée lui apparaissait comme un mirage, une chimèrique création de son subconscient bavard et anxieux. Il faisait un peu noir, la nuitée venait de naître dans ce coin de la Terre. Ses lèvres étaient sèches, presque pelées dans la cabine étouffée. Sa tête se pencha légèrement sur le côté pour jeter son regard vers le seul bout d'éclat de réalité, exhalant un soupir vain, peinant à aspirer une molécule d'oxygène - en pleine déréalisation, rien ne lui montait à la tête. Car même à travers ce rétroviseur, la vie lui était faussée.
Tout cela n'était pas réel. Tout cela ne pouvait pas être réel.
Ça sentait la fumée. Ça puait la fumée.
Mes côtes - Ses côtes, devaient sans doute s'échymoser d'un bleu amer, d'un mal interne qui lui était électrique dans chacun de ses mouvements lents et âpres. Sa poitrine se gonflait, se criait à la moindre expiration, rien ne se libérait de sa cloison ; tout lui apparaissait comme poison.