13- Dans l'ombre du roi

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Luna

Les premiers rayons du soleil traversent déjà les rideaux lorsque j'ouvre lentement les yeux.

Pendant quelques secondes, je reste immobile, le regard perdu vers le plafond immaculé de ma chambre. Puis, sans même m'en rendre compte, un sourire étire doucement mes lèvres.

Les images de la veille reviennent les unes après les autres.

Le restaurant, les fleurs de lotus, notre danse maladroite et les étoiles.

Et cette étrange sensation de paix qui ne m'a plus quittée depuis.

Je me redresse lentement dans mon lit.

Une chose me frappe immédiatement.

Je n'ai pas fait de cauchemar.

Depuis trois ans, chacune de mes nuits est rythmée par les mêmes souvenirs, les cris, les coups, les regards de Steven, ceux de mon père. Je me réveille presque toujours en sursaut, trempée de sueur.

Cette nuit, rien, un simple sommeil paisible.

Je laisse échapper un souffle.

Peut-être que la Sicile me fait réellement du bien.

Ou peut-être que Carter y est pour quelque chose.

Cette pensée me fait aussitôt rougir.

— Arrête un peu, Luna...murmurai-je en passant une main dans mes cheveux.

Un léger rire m'échappe.

Je me lève pour ouvrir les rideaux, la lumière inonde immédiatement la pièce. Au loin, la Méditerranée scintille déjà sous le soleil matinal tandis que le domaine s'éveille doucement. Quelques gardes effectuent leur ronde dans les jardins tandis que d'autres discutent près du portail principal.

Tout semble incroyablement calme.

Toc. Toc.

Je me retourne aussitôt.

— Oui ?

La porte s'entrouvre légèrement avant qu'une tête brune n'apparaisse dans l'embrasure.

— Bonjour, Tesoro.

Je souris malgré moi.

— Bonjour, Carter.

Il reste près de la porte, sans entrer davantage. Comme toujours, il attend mon autorisation. Ce simple détail me touche énormément. Il peut très bien entrer sans frapper. Après tout, nous sommes chez lui, mais il continue de respecter chacune de mes limites.

— Tu as bien dormi ? demande-t-il.

Je hoche la tête.

— Comme un bébé. Et toi ?

Un léger sourire passe sur ses lèvres.

— Étonnamment bien.

Il croise les bras contre le chambranle de la porte avant de m'observer quelques secondes en silence. Comme s'il vérifie simplement que je vais bien. Son regard n'a rien d'insistant, rien d'envahissant.

Seulement cette douceur que je commence peu à peu à connaître.

— J'ai une réunion importante ce midi avec tous les associés.

Il marque une légère pause.

— Je voudrais que tu viennes avec moi.

Je fronce légèrement les sourcils.

— Moi ?

— Oui. Pourquoi cette surprise ?

Je baisse instinctivement les yeux avant de désigner vaguement le couloir derrière lui.

Il mio salvatoreDes histoires addictives. Découvrez maintenant