19- Chez nous

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Luna

Je le regarde sans comprendre. Pourquoi sourit-il ? Comment peut-il sourire alors que Martin tient toujours son arme contre ma tête ?

Mon cœur bat si fort que j'en ai mal à la poitrine.

Martin éclate de rire.

— Finalement le grand Carter Scott n'est qu'un homme comme les autres.

Il pousse violemment le canon de son arme contre ma tempe.

— Tu vois ce qu'une femme est capable de faire de toi ?

Je sens Carter me regarder. Pas une seule seconde il ne détourne les yeux. Comme s'il essaye de me dire quelque chose, me rassurer.

Puis son regard glisse furtivement derrière Martin, à peine une fraction de seconde.

Je n'ai pas le temps de comprendre, qu'une détonation retentit. Martin pousse un cri de douleur, la balle traverse son épaule. Son arme dévie immédiatement.

— LUNA ! MAINTENANT !

La voix de Carter résonne dans toute la pièce.

Je n'hésite plus. Je me dégage de l'emprise de Martin et me mets à courir. Derrière moi, tout explose, les coups de feu reprennent de plus belle. Je n'entends plus que les rafales, les cris, les ordres.

Je cours à travers le couloir. Mes jambes tremblent, je manque de tomber plusieurs fois mais je ne m'arrête pas.

Au bout du couloir, une porte. Je la pousse de toutes mes forces. L'air glacé me frappe immédiatement le visage, je suis dehors. Pour la première fois depuis mon enlèvement, je suis libre.

Je descends les marches en courant. Autour du manoir, plusieurs hommes armés sécurisent le domaine.

L'un d'eux me remarque immédiatement.

— C'est Luna !

Deux hommes courent vers moi.

Je recule instinctivement. Ils lèvent aussitôt les mains.

— N'ayez pas peur ! Nous sommes avec Carter !

Je reconnais alors l'écusson du cartel sicilien cousu sur leurs vestes.

Mes jambes cèdent enfin, je m'effondre à genoux dans l'herbe humide et tente de reprendre mon souffle. Impossible. À l'intérieur, les coups de feu continuent. Chaque détonation me fait sursauter, chaque seconde me paraît interminable.

Je me relève brusquement.

— Carter...et Josh

Je veux retourner dans le manoir.

L'un des hommes me retient doucement par le bras.

— Non, Signora. Nos ordres sont de vous protéger.

— Laissez-moi ! Ils sont encore dedans !

L'homme secoue la tête.

— Le patron le sait, faites-lui confiance.

Je ferme les yeux, des larmes roulent sur mes joues. Je n'ai jamais été aussi impuissante. Je reste là, à fixer la grande porte du manoir. En priant pour qu'elle s'ouvre, qu'ils en ressortent vivants.

Puis une alarme retentit à l'intérieur, les fenêtres du rez-de-chaussée volent en éclats.

Je sursaute et mon cœur s'arrête.

— Carter...

Carter

Je regarde Luna disparaître derrière la porte. Un immense poids quitte immédiatement ma poitrine. Elle est dehors, en sécurité. Je n'ai plus qu'une seule chose à faire, terminer ce que j'ai commencé.

Il mio salvatoreDes histoires addictives. Découvrez maintenant