20- Les battements du coeur

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Luna

Un coup de ceinture. Puis un autre, encore, la boucle en métal vient lacérer ma peau.

Je hurle, tente de protéger mon visage avec mes bras, en vain.

Steven me regarde avec un sourire qui me glace le sang.

— Tu croyais vraiment pouvoir me quitter ?

Un nouveau coup, je m'effondre. Le sang coule le long de mon dos, je n'arrive plus à respirer.

— S'il te plaît...

Ma voix n'est plus qu'un murmure.

Il s'accroupit devant moi. Ses doigts attrapent brutalement mon menton.

— Tu vois, Luna...Tu finiras toujours par revenir vers moi.

Il lève une nouvelle fois sa ceinture.

Je ferme les yeux.

Non...

Je me redresse d'un coup dans mon lit, ma respiration est incontrôlable, mon tee-shirt colle à ma peau. Je tremble tellement que j'ai du mal à poser les pieds au sol. La chambre est plongée dans l'obscurité.

Pendant quelques secondes, je ne sais plus où je suis, Pologne, Sicile, Londres, tout se mélange.

Je porte une main contre ma poitrine, mon cœur cogne si fort que j'en ai mal. Les larmes brouillent complètement ma vision, Je tente de respirer, une inspiration. Puis un deuxième mais impossible. Je suis incapable de reprendre le contrôle.

Soudain, le matelas s'affaisse doucement derrière moi.

Je me fige.

Deux bras viennent lentement entourer ma taille, aucune brusquerie, précipitation, seulement de la douceur. Je reconnais immédiatement son parfum, le bois et cette odeur discrète de café qui semble toujours l'accompagner.

Il ne dit rien, pas un mot . Il me ramène simplement contre lui, mon dos se colle naturellement contre son torse. Je sens sa respiration dans ma nuque, lente, régulière. Sa main glisse doucement dans mes cheveux. Il ne cherche pas à savoir ce que j'ai vu, il sait, comprend.

Je ferme lentement les yeux. J'essaie d'accorder ma respiration à la sienne. Petit à petit, mon cœur ralentit, les tremblements disparaissent. Je me sens en sécurité, comme une enfant que l'on rassure après un mauvais rêve.

Je sens ses lèvres effleurer mes cheveux.

— Je suis là...

Ces trois mots suffisent, je n'ai besoin de rien d'autre.

Je me rendors presque instantanément, blottie contre lui.

Le chant des oiseaux finit par me tirer doucement du sommeil.

J'ouvre les yeux sans bouger.

Les premiers rayons du soleil filtrent à travers les rideaux entrouverts, baignant la chambre d'une lumière dorée. Pendant quelques secondes, je reste immobile, essayant de remettre de l'ordre dans mes pensées.

Puis je sens une légère chaleur dans mon dos.

Je tourne lentement la tête.

Le bras de Carter repose encore autour de ma taille, il dort profondément. Ses traits sont détendus, bien loin de l'homme froid et impitoyable que tout le monde semble craindre. Une mèche de cheveux bruns tombe sur son front, et je retiens un sourire.

Je l'observe quelques instants.

C'est étrange, je ne l'ai jamais vu dormir. Il paraît presque paisible. Comme si, pendant quelques heures, le poids du cartel avait disparu de ses épaules.

Il mio salvatoreDes histoires addictives. Découvrez maintenant