16- Déclaration de guerre

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Luna

Le froid.

C'est la première chose que je ressens lorsque j'ouvre les yeux. Il s'insinue sous mes vêtements, glace ma peau et fait trembler chacun de mes muscles. Je ramène immédiatement mes genoux contre ma poitrine dans un vain espoir de me réchauffer. En vain, Cette cave est glaciale. L'humidité imprègne les murs de pierre et l'air est si lourd que j'ai l'impression d'avoir du mal à respirer. Je ferme les yeux quelques secondes. Mon ventre gargouille, j'ai faim. Ma tête me lance encore à cause du produit que Martin m'a injecté. Je passe une main sur mon front avant de pousser un léger soupir. Je ne sais plus depuis combien de temps je suis enfermée ici, quelques heures, une journée peut-être davantage. Ici, le temps n'existe plus.

Les seules choses qui rythment mes journées sont les pas de Martin dans l'escalier puis le silence qui revient lorsqu'il repart.

Je relève lentement la tête. Une unique ampoule éclaire faiblement la pièce. À côté de moi se trouvent un vieux lavabo, des toilettes et un matelas posé à même le sol. Cette cave ressemble davantage à une cellule qu'à une chambre. Je laisse mon regard se perdre sur les murs humides. Je n'ai jamais ressenti une solitude aussi profonde.

Mon esprit vagabonde malgré moi. Je pense à Josh, il doit être mort d'inquiétude. Je pense ensuite à Carter.

A-t-il compris que je ne suis jamais arrivée à Londres ? Ou pense-t-il simplement que je ne veux plus lui parler ?

Cette idée me serre le cœur.

Je ferme de nouveau les yeux. Les souvenirs de cette semaine défilent dans mon esprit. Les éclats de rire de Melina. Les conseils de Maelie. Les plaisanteries de Tony. La gentillesse de Léna. Le calme de Damon.

Puis Carter, son sourire, son regard, sa façon de toujours me demander la permission avant le moindre geste. Notre promenade sur les falaises, le vent, la mer Et notre premier baiser.

Une larme glisse lentement le long de ma joue. Je l'essuie du revers de la main.

Si je n'avais jamais rencontré Steven...

Ma vie serait sûrement différente. Je travaillerais encore au café avec Josh. Je rentrerais chaque soir dans un appartement où je me sentirais en sécurité. Peut-être même que j'aurais rencontré quelqu'un. Un homme simple, gentil, avec qui construire une famille, une vie.

Je souris tristement. Nous passons notre existence à imaginer ce que notre vie aurait pu être. À courir après un futur idéal. Mais la réalité finit toujours par nous rattraper Et la mienne porte aujourd'hui quatre murs humides.

Je baisse les yeux vers mes mains tremblantes. Je ne ressens presque plus rien, ni la colère, ni la tristesse, seulement un immense vide.

Je murmure alors d'une voix à peine audible :

— Carter...Viens me chercher...

Je laisse échapper un long soupir. Le silence devient presque insupportable.

Je me lève difficilement du matelas. Mes jambes sont encore engourdies et je dois m'appuyer contre le mur pour garder l'équilibre.

Chaque pas résonne dans cette cave vide. Je fais lentement le tour de la pièce. Peut-être qu'il existe une sortie, une fenêtre. N'importe quoi. Je pousse de toutes mes forces contre la vieille porte en bois, rien, je tire, Toujours rien. Je donne même un coup de pied dedans mais la douleur remonte immédiatement dans ma jambe.

— Aïe...

Je ferme les yeux quelques secondes.

Quelle idiote, comme si Martin allait me laisser une porte ouverte.

Il mio salvatoreDes histoires addictives. Découvrez maintenant