Nord du district Obsidienne, RAVEN
Un mois qu'Arthur est parti. Cela devrait prendre deux semaines de plus pour qu'ils reviennent, ils ne sont partis qu'à 5 pour plus de discrétion, donc se déplacent rapidement, même à pied.
C'est que de leur quartier paumé tout au Nord du district, là où la civilisation s'efface lentement pour céder à d'imposantes montagnes encore plus au Nord et à la forêt glaciale séparant l'obsidienne de l'améthyste à l'ouest, se rendre au coeur de la cité diamant et revenir représente une sacrée distance.
Comme elle ne parlait principalement qu'avec lui, Raven n'utilise presque plus ses cordes vocales. De toute façons, c'est bien comme ça, étant donné que les seules personnes avec lesquelles elle passe un peu de temps sont les deux petites et que celles-ci parlent largement assez pour trois...
L'insomnie est de retour, et en journée comme au coeur de la nuit, la jeune fille passe plus de temps dans la forêt. Est-ce l'inquiétude qui la fait tourner en rond ? Peut être. La frustration, certainement : elle a besoin de se défouler, de pousser son corps à l'extrême, de flirter avec ses limites. Elle doit également chasser pour la famille d'Arthur, la maigre paie de ce dernier, tout comme celle de Bronn, manquant cruellement. Elle a promis de s'occuper d'eux. Parce que, même si les relations sociales ne sont de toute évidence pas son point fort, c'est ce que font les amis.
Juchée sur la branche d'un cèdre aux aiguilles bleutées, elle inspire, laissant l'air froid envahir ses poumons. Si l'hiver n'est définitivement plus là et que le printemps a bel et bien commencé, les journées s'étirant peu à peu, c'est le Nord: par définition, quelqu'un de normalement constitué se les caille comme en plein mois de janvier dans les Alpes. Elle ferme les yeux, écoute le vent.
La jeune fille est.. irritée que Bronn ait perdu du temps à envoyer des patrouilles pour faire des plans de la forêt quand elle la connaît par coeur, du moins une bonne partie, et connaît ses règles. Perte de temps, prise de risques. Inutile.
La flèche se fiche avec un son mat dans l'oeil du mannequin en contrebas, fendant sa tête de bois. Elle saute, sort deux poignards de ses poches latérales et enchaîne les coups.
Non, franchement, elle a hâte d'avoir dix-huit ans. Bronn n'aurait alors plus d'excuses pour la tenir à l'écart.
***
Raven range son arc, ses flèches et sa panoplie de lames dans le creux d'un tronc d'arbre, et commence à trottiner vers l'orée de la forêt. Si elle passe ses journées dehors, de l'aube jusqu'à ce qu'il soit l'heure de dîner, c'est également pour se déplacer en même temps que les travailleurs et éviter de se faire remarquer. Les gardes sont de nouveau présents. Il faut faire attention, et dissimuler ses petites proies dans de grands sacs, sous les plantes sauvages que l'on peut trouver à la lisière des bois, en toute légalité.
Les arbres sont de plus en plus espacés, et elle commence à se déplacer rapidement en se cachant derrière les troncs. Elle se baisse ensuite dans les hautes herbes, ramassant comme si de rien était les panais tardifs, premiers oignons sauvages, et quelques grands radis blafards.
Des pousses d'orties (Si, en soupe ou en pesto c'est bon, jamais ce humble narrateur n'essaierait de vous empoisonner voyons...) rejoignent le reste dans le grand sac en toile, non sans grimaces au contact des tiges duveteuses. Longeant la forêt, à côté du Tyr descendant de la forêt, elle repère également un buisson de baies de nuit, encore bien chargé de petits fruits noirs et juteux.
Elle salue les trois vieillards décharnés qui tentent leur chance avec le poisson, et finit de remplir son sac. Le soleil commence à descendre, il faut rentrer.
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HUNTED HUNTER
VampireUn monde dans lequel les vampires ont droit de vie ou de mort sur les humains, traités pour la plupart comme des esclaves, du bétail. Des rebelles, traquant sans relâche toute personne ayant des crocs. Deux camps. Depuis toujours. Mais est-ce aussi...
