Quartier général, RAVEN
Après avoir laissé à contre-coeur Arthur lui broyer les côtes brièvement puis Bronn la presser comme une Lime des Glaces, qu'elle a d'ailleurs fini par repousser puisqu'il s'apparentait de plus en plus à une sangsue (Nan mais franchement Messieurs, z'avez pas honte d'infliger à notre précieuse Raven de telles démonstrations de dégoulinante affection, devant tout le monde en plus? Tssssk), la jeune brune, sauvée par un gong prénommé Olivia, regarde un père, heureux, faire tournoyer ses filles riant aux éclats dans les airs. Sandy est passée par l'"école" pour les récupérer, disant à qui voulait l'entendre que Bronn s'est enfin reveillé du long et inexpliqué coma prétexté pour expliquer aux non-membres l'absence de l'un des gaillards les plus vigoureux du village.
Dans l'état d'euphorie dans laquelle il se trouve à présent, difficile de se dire que cet homme si émotif dont le sourire rayonnant mange une moitié du visage, l'autre étant prise par une barbe drue, était maître dans sa jeunesse du lancer de gardes. Bon, avec les pertes essuyées à cette époque, ses muscles doivent à présent se contenter de pousser les chariots remplis du charbon aux reflets bleuâtres dont regorge la mine.
Arthur cherche sa main, elle la serre brièvement dans la sienne, lui offrant le réconfort dont il a besoin. Son père, à lui, n'est pas rentré. Il se détache lentement pour aller relever sa mère, Élise, prostrée au sol. Elle tient dans ses bras un tas de couvertures à la teinte rose un peu passée dont l'occupante ne connaîtra jamais son père, mais qui aura au moins un grand frère génial.
Tout son contraire. Dans un autre coin de la pièce, une chaise a été posée. Alicia - qui autrefois possédait par miracle de jolies courbes enviées par toutes les jeunes filles - devenue à son tour bien mince et surtout faible, s'y repose. Du moins, elle s'y reposait. Jusqu'à ce que, à peine reposées par Bronn qui s'est à présent tourné vers sa femme, deux ouragans à couettes accourent vers elle. La douce Alicia prend Olivia, plus légère, sur ses genoux et offre aux deux fillettes un sourire fatigué mais radieux.
Olivia et Sophia adorent Alicia. Avant sa disparition, elle était pour elles une bien meilleure grande soeur que Raven ne pourrait l'être. Cette dernière chasse cette amertume toutefois dénuée de jalousie d'un side-kick mental, et sourit de loin à la blonde qui lui répond par un hochement de tête.
Les membres des Serres d'Argent sont probablement tous arrivés à présent, et le corbeau commence à se sentir oppressé dans la cage de terre surpeuplée, ses sens aiguisés assaillis de toute part par l'excitation qui monte. Bronn se racle la gorge et annonce:
-Mes amis, nous revoilà ! Pas un mort de plus, presque pas de blessés, et même, une revenante !
Tandis que les murmures s'intensifient une fois de plus pour se transformer un un joyeux brouhaha, Raven repère sur la jambe d'Arthur une longue tâche plus sombre que le tissu, et le regard assassin qu'elle lui jette fait instantanément baisser les yeux au très grand garçon. Bronn frappe puissamment dans ses main.
- Du calme! Oui, nous avons l'intention de vous faire part des détails, mais cela devra attendre demain. Je pense que nous avons tous mérité de nous reposer, surtout Alicia ici présente. Nous avons également besoin de temps pour digérer une bien moins bonne nouvelle : Tim nous a quittés. Je suis désolé. Buvons en sa mémoire !
Elle ne se sent pas de rester alors que la liqueur de baies de Nuit va bientôt couler, elle n'a pas le coeur de voir Bronn prétendre être inébranlable alors que Tim était le troisième mousquetaire dans la bande formée avec son père, et lorsqu'elle croise le regard humide de son meilleur ami, elle n'y voit que le souhait de sortir de là. Alors elle l'attrape timidement par la manche de sa veste d'une main, saisit délicatement l'épaule d'une Élise complètement perdue de l'autre, et sort, sa respiration de plus en plus hachée au fil des corps entre lesquels elle doit se faufiler pour arriver, enfin, à l'air libre.
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HUNTED HUNTER
VampirUn monde dans lequel les vampires ont droit de vie ou de mort sur les humains, traités pour la plupart comme des esclaves, du bétail. Des rebelles, traquant sans relâche toute personne ayant des crocs. Deux camps. Depuis toujours. Mais est-ce aussi...
