Chapitre 9

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Cette maison était immense. Un dédale de pièces dans un long couloir, des endroits cachés, comme un immense labyrinthe, ou il me semblait que l'on ne pouvait pas s'y perdre, seulement nos regards.

Mr Bang était assurément riche, j'en avais la preuve sous les yeux. Mes mains trainaient sur les bords des meubles, appréciant les différentes surfaces, et la propreté de celles ci. Pas une seule poussière. Du peu que j'avais vu, il semblait assez maniaque, tout était rangé, des vêtements sans plis, d'un blanc d'une clarté absolue, pas de poussière, tout était droit.

La maison contenait, un salon professionnel au rez-de-chaussée qui était aussi la bibliothèque. Puis le deuxième salon de l'autre côté du hall, la cuisine, la salle à manger. Puis ensuite à l'étage, la salle de bain, la chambre, la salle de sport -qui expliquait la carrure du pdg- un solarium, face au jardin, plus loin une buanderie. Il y avait tout ce dont une maison avait besoin, et même plus, pourtant je n'avais pas terminé de fouiner, puisqu'en vérité, c'était ce que je faisais. La culpabilité grondait doucement dans mon ventre mais je savais encore la résonner.

Je me doutais bien qu'il devait posséder un sous sol, une cave à vin, un grenier, un bureau etc. Et puis certaines pièces étaient vides, sans utilités, peut-être y avait t'il moyen de construire une chambre d'amis ?

Je m'avançais dans le couloir, dans la direction inverse de la chambre. Une porte entrouverte se dressait fièrement au fond. Mu par mon insatiable curiosité habituelle et réprimant la honte qui me chatouillait, je m'avançais rapidement vers le fond de la pièce, puis ralentis quand un élan de douleur survint de ma cheville. Celle ci allait mieux, mais j'oubliais parfois que j'étais encore blessé.

Je poussais la porte et trouvais un interrupteur, la lumière jaune éclata sur les murs et révéla la pièce.

Le bureau était magnifique.

C'était une salle, de taille moyenne. Enfin, le bureau était déjà plus grand que mon salon, mais dans cette immense demeure, elle pouvait passer pour une pièce ridiculeusement petite parmi les autres.

Cette pièce semblait tout droite sortie d'un vieux manoir. Contre le mur en face de moi, en son milieu, trônait un immense bureau de chêne noir. Dessus était posé une lampe, des stylos et des tonnes de dossiers, des tissus, des portevues. C'était ici qu'il semblait imaginer la base de ses créations.

Devant le bureau, en rangées alignées et parallèles des étagères remplies de livres, de modes sûrement, et de dossiers d'anciennes créations et autres. Je m'approchais, veillant à ne pas effleurer quelques chose du bout de mes doigts, cette pièce, était la seule pièce vivante ici, cet endroit avait quelque chose, une ambiance qui se trouvait partout, dans chacune des rainures du bois, sur chaque page des livres ouverts sur le bureau. Si j'y laissai ma trace, je craignais que la pièce ne meurt, mes gestes gravés sur ses étagères, mes mains caressant le doux volume d'un livre, ma trace apparaitrait comme un tache d'encre sur une page vierge.

Mais je crois que je redoutais bien plus qu'il ne le remarque.

Mon regard ne s'attarda sur rien, il y avait tant à voir.

Je m'approchais lentement du bureau, de ses grands livres remplis de chutes de tissus, de bouts de vêtements crayonnés et d'autres bien tracés d'une ligne noire. Je ne pus en toucher un seul, ils semblaient bien plus sacrés que le reste de la pièce. Pourtant j'étais extraordinairement intéressé et dans un frissonnement, je tournais la page qui se présenta à moi, une feuille glissa au même moment et finit son vol au sol, je me penchais à toute vitesse pour la ramasser, me faisant grimacer de douleur au même moment. Le papier dans ma main, je le tournais en mon sens, il ne faisait pas parti de ses bouquins de création, c'était une note, rédigée rapidement.

Compulsion [HyunChan]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant