Chapitre 3

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La peur arrivait toujours au moment où on s'y attendait le moins, idem pour la solitude. Et assurément je n'étais jamais prêt à les affronter.

« San...San et, d-dans...

« Hyunjin, calme toi s'il te plait, respire...»

— Hyung, il est...dans le coma »

J'étais au téléphone avec Jimin. Effondré contre mon canapé, mes mains brûlantes de peur difficilement contenue se serraient anxieusement.

J'avais reçu cet abominable appel il y a quelques minutes et avais explosé. Mon corps était rempli de débris et j'avais tout de suite appelé mon entraîneur et ami pour partager et tenter de me calmer. Rien n'allait. Plus rien.

« Jimin, c'est absurde n'est ce pas ? C'est faux hein, c'est une blague ? »

J'entendis le soupir tremblant de mon ami, je l'imaginais chez lui, dans un état semblable au moins. Enfin peut-être moins, il savait mieux que moi ne pas se laisser submerger par la vague. Mais à ce moment précis, lui aussi semblait très inquiet.

« Hyunjin, il n'est pas...décédé, d'accord ? Il est vivant, et d'après l'hôpital, il va vivre, et se réveiller. »

— Non ! Ça ne se passe jamais comme ça dans la vraie vie, il va mourir, il va me laisser seul ! »

Des larmes coulaient sur mes joues froides, j'étais crispé, mal, refermé sur moi-même contre mon canapé dont la douceur ne m'apportait aucun confort. J'avais chaud et froid, je brûlais et gelais en même temps. À l'intérieur de mon crâne tout semblait couvert par un brouillard omniprésent, je n'arrivais plus à réfléchir correctement, des tics nerveux agitaient mon corps entier.

La peur tout d'abord, et seulement la peur.

« Hyunjin, s'il te plait, détends toi, il faut que tu respires d'accord ?»

— O-oui...je–

« Respire.»

Je tâchais de reprendre ma respiration, ma cage thoracique me brûlait.

« Il va bien, d'accord ? il va bien. »

— Il va bien...? »

Nous savions tous les deux à quel point c'était faux. Son mensonge pour me rassurer empli la pièce d'un silence lourd, les larmes qui s'étaient égarées sur ma peau séchèrent et je me redressais sur le canapé comme une coquille vide.

Puis un autre sentiment précéda la peur amère, aux teintes grises-noires.

« Bon, Hyunjin, repose toi, il est très tard, ne viens pas t'entrainer demain, j'irai voir San, ok ?»

— D'accord, mais...

« Oui ? »

— N-non, rien...tiens moi au courant. »

Je coupais l'appel et mes doigts lâchèrent mon téléphone, j'enfouis ma tête entre mes bras et restais là, tremblant comme une feuille, incapable de voir et d'entendre tant tout semblait se distordre dans la piece, les sons, comme les meubles. Les voitures qui passaient dans ma rue devenaient toutes coupables et mes meubles éparpillés était chacun un endroit que San avait touché.

Je ne sais pas si j'avais fini par m'endormir, mais mes pensées furent noires, sombres, teintées de rouge qui s'étendait en fils et en éclaboussures, elles m'évoquaient de vieux souvenirs, de très vieux souvenirs dans lequel il n'y avait pas l'ombre d'une teinte de blanc.

Compulsion [HyunChan]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant