Chapitre 38

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Bonjour ! Et oui, vous avez bien deviné, ceci est un chapitre en retard, il est plus court que les autres mais m'a demandé beaucoup, beaucoup de recherches pour le rendre le plus réaliste possible. En tout cas je ne vous dit rien, je vous laisse découvrir :)

Bonne lecture, on se retrouve en bas !

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Il faisait froid dans cette salle, enfin, en vérité, j'avais chaud, mais les murs blancs, l'espace épuré, aseptisé, rendait cette impression de froideur. Ca sentait le détergent et chaque espace semblait si propre qu'on aurait pu croire que je me trouvais dans un environnement stérile.

Christopher se tenait debout dans un coin de la pièce, éclat étonnement gris, contrastant avec la constance d'un blanc aveuglant. Ses vêtements étaient gris, un pantalon droit, des chaussures cirées, une veste droite et bien taillée, un pull plus clair en dessous, faisaient tâche de façon surprenante. Moi j'étais allongé sur ses tables au cuir sombre sur laquelle était déroulé ce papier qui se déchirait toujours sous les mouvements. Une médecin m'auscultait la cheville après avoir consulté sur son ordinateur la radio que je venais de passer. L'air était chargé d'une pression statique, d'une angoisse et de l'exaspération d'un « encore » qui me faisait souffler. J'avais embarqué ce problème avec moi depuis bien trop longtemps. Et j'allais assurément payer le prix de mon ignorance volontaire.

Puis la médecin n'avait pas encore annoncé ce que j'avais, peut-être que c'était cassé, peut-être que je ne pouvais plus danser, peut-être que c'était vraiment grave et que j'avais mal réagi depuis le début en tentant d'enfouir le problème sous une montagne d'autres responsabilités. Je détestais vraiment ce qu'il se passait et me détestais aussi. J'aurais voulu continuer à fêter ma victoire et passer une matinée sans aucun souci avec Christopher.

J'étais arrivé il y a seulement une petite heure, et encore, je ne serais pas venu du tout si je n'avais pas flanché devant le ton de Christopher qui me poussait à aller chercher de l'aide.

À mon réveil, ce matin, une violente douleur m'avait secoué, entier. Je n'y avais honnêtement pas vraiment prêté attention; j'avais mal de cette façon depuis des jours, même si le niveau était très élevé ce matin. Je m'étais construit une résistance à la douleur, stupide puisque je pouvais demander des soins, enfin, pas tant que le concours n'était pas terminé. J'avais marché sans me rendre vraiment compte de rien jusque dans la salle de bain dans laquelle je m'étais aperçu de l'état catastrophique de ma cheville, simplement en me déshabillant. Ma cheville était enflée, rouge d'un rouge passé, d'un bleu violacé et d'un jaune maladif. Les teintes de ma cheville qui viraient au sombre jusque sur mon pied.

Depuis combien de temps n'avais-je pas jeté un vrai coup d'œil à ma cheville ? C'était presque à croire que j'avais joué à l'aveugle jusque là et maintenant, ma cheville quasiment charcutée me sautait aux yeux.

En enlevant d'ailleurs l'attelle, bandages et straps, j'avais constaté un œdème tuméfié qui, par la suite, m'empêcha de marcher. Peut-être aussi qu'en voyant les dégâts la douleur s'était amplifiée, mais poser le pied au sol me faisait ressentir une douleur insupportable. J'avais du mal à faire pivoter ma cheville, ni sur les côtés, ni d'avant en arrière. Tout de ma cheville était déformé.

J'avais dû appeler Christopher alors qu'il partait au travail. Lui, il était déjà en bas, prêt à partir et je l'avais mis en retard, tiré de son travail. J'avais pris peur et m'étais assis sur le sol, presque sonné. Il était monté en urgence, ses pas rapides contre les marches des escaliers. À mon ton, il avait sûrement compris que c'était grave.

J'avais cédé à la panique à ce moment-là, j'avais peur de ne plus danser, d'avoir tué ma cheville, d'avoir trop tiré, d'être comme Jimin. Je n'avais pas pleuré mais mon souffle, comme cette fois-là, en sortant de chez les parents de Karina, s'était transformé, m'avait bloqué, m'avait étouffé. Il avait réussi à me calmer, à grand renfort de consigne, et de ses mains dans mon dos.

Compulsion [HyunChan]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant