Chapitre 6

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Deux jours étaient passés, je crois que je n'avais ni beaucoup mangé, ni beaucoup dormi.

Les anti-douleurs me faisaient tenir, et me détruisaient en même temps.

J'avais tellement mal, qu'il fallait parfois que je danse avec mon attelle. Et même avec mon peu de connaissance en médecine, je savais que je n'arrangeais pas mon cas. J'étais encore lucide, je savais qu'il ne fallait pas trop forcer, alors je dansais moins. Mais ça ne m'empêchait pas de m'étirer et d'entrainer le reste de mon corps.

Je buvais des litres et des litres d'eau, qui me faisaient vomir juste après, puis j'enlevais les sensations de mon corps avec les médicaments. Mais j'en prenais tellement que je savais  que si je continuais, je n'allais pas survivre. Pourtant il le fallait bien, je ne pouvais me permettre de me reposer. C'était impossible. Si j'arrêtais de bouger partout  et tout le temps, j'allais finir par penser et ça je ne le voulais pas. Encore moins maintenant.

Neuf jours à présent que tout avait dérapé.

San me manquait. Jimin m'agaçait. Mr Bang m'intriguait.

Je n'arrivais pas à penser clairement. C'était de pire en pire et je détestais ça.

Je voulais tellement aller mieux. Etre capable de vivre sans me sentir accablé par des problèmes invisibles. Etre capable d'avoir à nouveau une relation saine, avec la danse, la nourriture, le sommeil...étais-ce même possible ?

Il me semblait que non.

Mon côté maniaque avait cédé sous la force sombre de ma déprime, l'appartement était plongé dans le noir, des affaires trainaient un peu partout. J'arrivais à boire, m'automédicamenter , m'entrainer, mais il était impossible de me lever du sol sur lequel j'étais, pour entrer dans la salle de bain et me laver.

J-je devais faire autre chose, je tournais en rond. Jimin m'avait dit de faire autre chose, et j'avais envie de le croire, pour une fois. 

Difficilement, parce que la fatigue de mon corps m'alourdissait, j'arrivais à me déplacer dans le couloir, jusqu'a notre bureau commun, à San et moi. Il servait de bibliothèque, de salle de pour étudier et de salle pour stocker nos souvenirs et anciens cartons.

C'était une jolie pièce, grande, un peu moins que les autres, mais à contrario de la modernité du reste de l'appartement , le bureau était lui, fait de bois, et lui ne semblait pas se refermer sur moi comme le pouvait l'atmosphère pesante des autres pièces...

Des étagères recelant de livres que l'on avait accumulé au fil des années. Quelques cartons  que l'on n'avait jamais déballés et au milieu de la pièce, un meuble bas aux tiroirs remplis de dossiers et de papeterie. J'aimais cette salle.

Laissant ma main trainer sur le bureau, je vins récupérer un stylo, sortis une feuille vierge d'un tiroir et m'assis.

Ecrire fut bien plus difficile que ce que je pensais. Les mots ne coulaient pas de source, ils étaient durs, et tristes. Je ne savais pas vraiment quoi dire, quoi raconter. Je n'osais pas écrire, mes mots étaient trop brusques, trop violent. Pas les bons même parfois. Pourtant je continuais. 

Depuis combien de temps n'avaient-je pas écris ? Plusieurs années maintenant, au moins trois.

Je sentais les heures passer, lentement parce que les mots  me venaient parfois emmêlés, parce que la douleur de ma cheville me faisait perdre la tête. Mais au moins j'arrivais à ne pas avaler d'anti-douleurs, mon coeur m'en remerciait.

J'avais envie de danser, alors je le couchais sur le papier. Je me sentais plus calme de penser ainsi. Peut-être que j'aimais écrire. Je n'y prenais jamais le temps, ce temps là, n'étais voués qu'à m'autodétruire. C'était peut-être dommage en fin de compte

Compulsion [HyunChan]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant