Chapitre 21

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Bonsoir !

Oui effectivement je poste un peu plus tard que d'habitude, j'ai eu moins de temps dans la semaine pour avancer mon chapitre...

enfin bref, je n'aime pas trop ce chapitre (décidément) puisque il a plus une valeur de transition, cependant quelques petites révélations croustillantes viennent nous reprendre en cours de route et j'espère qu'elles vous plairont autant qu'à moi.

Bonne lecture, on se retrouve en bas :)

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« Tu n'es pas immoral Hyunjin. Tu n'as rien ruiné. Et ceci n'est pas une erreur. »

Mes yeux vides regardaient dans les siens, buvant soudainement ses paroles. Je ne savais pas si c'était ce que je méritais d'entendre après ces années à lutter contre moi-même, contre mes contradictions.

Il était encore tôt, Emilie, après m'avoir ramené, avait pris soin de moi, avait tenu mes cheveux lorsque je vomissais tout ce que j'avais ingéré, l'alcool, comme mes maux et mes souvenirs confus. Elle avait épongé mon visage et m'avait apporté de l'eau. Je n'avais pas décroché un seul mot dans la voiture, jusqu'ici.

Les heures étaient passées dans le silence de la nuit, Emilie n'était pas remontée dormir, avait fait une tisane, pour elle mais pour moi aussi, avait allumé une petite lampe dans le salon et m'avait apporté un plaid contre lequel je m'étais rassemblé. Elle m'avait laissé me coucher sur le canapé, encore complètement saoul, des larmes déferlant de mon visage en mille perles chaudes. Ce soir, mon monde s'était déchiré.

Emilie, elle, n'avait fait que s'asseoir sur son fauteuil et avait commencé à lire. Nous étions restés dans ce silence que j'avais haïs longtemps durant la journée. Je devais avouer que ne plus parler était de nouveau apaisant, ce qui m'avait envahi si fort tout à l'heure, était ce qui me relaxait le plus à présent. Je pense que je somnolais et les bribes du soleil de Novembre glissèrent sur moi dans la matinée. La lumière avait enlevé les teintes de noirs dans la pièce et tout reprenait de la couleur, je me sentais mieux en pleine nuit. J'étais vulnérable au milieu des couleurs car je me remettais à trancher, trou noir que l'on voyait. Dehors les gens s'habillaient de couleurs ternes, alors l'être aussi, c'était se camoufler. Mais aussi, où tout était comme, sucré, j'étais amer et tout était trop vif. Je me sentais mal, pas pour la même raison cependant. Cette douleur là, je l'avais cherchée. Mon crâne était pris en étaux entre ce qui me semblait être des bars de fers et mon ventre se rebellait contre tout ce que je lui avais fait cette nuit. 5 ans d'abstinence. 5 ans et j'envoyais tout se casser la gueule en une soirée. Une seule.

Ce n'était pas grave en un sens. Physiquement, je pouvais boire de l'alcool, j'en étais capable et ça ne m'abimait pas plus qu'une autre personne, même si j'étais danseur et que je devais garder un organisme sain en priorité. Mais c'était les promesses rompues, l'échec accablant que j'essuyais, ce que je n'avais pas tenu, n'avais même pas essayé. Ce que j'avais laissé tombé sans prendre le temps d'y penser. Ce qui était grave c'est que j'avais cédé à mes impulsions. Juste parce que j'étais submergé, seulement parce que j'avais cru me noyer. Et en y repensant, j'aurais pu faire tellement d'autres choses. Appeler quelqu'un, rentrer, en parler. Mais non. Les anciennes habitudes étaient dures à chasser, à changer. Ça c'était grave. Ça c'était impardonnable. Je me relevais un peu sur ce canapé rose pâle. Je vis sur la table basse un verre d'eau et de l'aspirine à côté. L'oeuvre d'une rouquine bien trop gentille pour un ange noir comme moi. Le corps et l'esprit complètement abimé, je me jetais sur les médicaments sans retenue aucune, je m'étouffais presque dessus et toussais. Emilie, qui était toujours là dans le silence de la pièce, ferma son livre avec un bruit mat et me regarda.

Compulsion [HyunChan]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant