Chapitre 23

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Bonsoir ! Ce chapitre est officiellement le plus long de cette histoire et aussi indéniablement mon préféré...(du coup je ressors la boîte dans laquelle je vais me cacher...)

J'espère que ce chapitre vous plaira, il m'a donné beaucoup de fil à retordre lors de l'écriture. :)

Bonne lecture <3

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J'ai toujours détesté la pression.

Rien que dans mon enfance, je détestais l'école et ce que l'on nous forçait à avaler, les connaissances sans queues ni têtes que l'on nous faisait ingurgiter. Ça n'avait pas de sens pour moi. Peut-être que c'était là d'ailleurs que je m'étais mis à détester cette angoisse qu'on nous créait de toute pièce. Apprendre des choses sans début ni fin, avec la seule valeur de vous apporter une bonne note une fois l'évaluation, si encore on prenait le temps d'apprendre, ou juste de mémoriser ces matières stupides. Et si encore, la note obtenue n'était pas suffisamment élevée, on ne vous permettait pas tout. On vous forçait à travailler pour quoi ? Pour des choses que l'on connaissait déjà. On se faisait punir et on était menacé. Tout ça pour des cours.

La pression s'adaptait à plus de choses en grandissant. L'acceptation des autres, l'obligation presque de leur ressembler. Puis toujours cette pression scolaire, grandissante.

Pour moi en plus, l'exigence de la danse. Mais j'aimais ce que je faisais alors ça comptait moins. Enfin il valait tout de même mieux ne pas oublier que cette pression dans le monde de l'art était particulièrement élevée tout de même.

Toute ma vie, je n'ai vu partout que de la charge, du stress contrôlé.

Le pire était cette angoisse qui prenait aux tripes à la rencontre des autres. Parler devant des gens, rencontrer de nouvelles personnes.

Retourner chez les parents de sa défunte fiancée.

Puisque oui. J'étais chez eux, et cette pression infernale pesait de tout son poids sur mes épaules, je me sentais presque me liquéfier sur le parquet. J'étais chez eux. Et en effet, à midi tapant parce qu'être en retard m'aurait rendu plus stressé encore, mais ça n'empêchait pas cette angoisse de me tenir entre ses dix doigts et de ricaner près de mon oreille.

Le père et la mère de Karina étaient adorables, avec le grand sourire qu'on les gens lorsqu'on les sort d'un mauvais moment. Ils m'avaient doucement entouré de leur bras lorsqu'ils m'avaient ouvert, comme si moi aussi j'étais un objet fragile. Après tout, j'étais bien différent d'il y a trois ans. J'avais les cheveux longs, sûrement l'air amaigri, l'étincelle vacillante au fond de mes yeux marrons. Mais je n'étais plus en si piteux état maintenant.

Cependant j'eus l'impression de l'être en entrant dans la maison.

Un choc innommable avait englouti mon sang froid.

C'était comme si un monde en trois dimensions s'était superposé à mes visions. Un monde trop réaliste. Tout avait changé mais rien n'avait changé. Le petit salon blanc dans une tentative moderne, la cuisine et salle à manger quasiment connectée. L'étage avec les chambres et la salle de bain. Tout était pareil. Ils avaient fait en sorte de ne rien changer, de ne jamais bouger de cette boucle temporelle. En laissant tout comme à l'époque, c'était eux qui n'arrivaient pas non plus à écarter les souvenirs, qui gardaient dans les mêmes teintes ce qui n'avait plus lieu d'être. Karina était morte. Il fallait l'accepter maintenant.

Mais je ne pouvais pas les forcer à le croire, je savais à quel point c'était horrible

Seungmin était là aussi, droit, comme un adolescent antipathique au faciès angélique. qui me fusillait de son regard qui pourtant, je le savais, contenait beaucoup de douceur. Mais voilà, il avait fallut qu'il me déteste. Qu'il fasse son possible pour me détester de toute son âme, ou me ruiner la vie si je m'approchais trop près de lui. La raison était très simple et effroyable.

Compulsion [HyunChan]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant