Après avoir passé plus de quarante appels, Carl se tourna vers moi, un sourire aux lèvres.
— Tania, j'ai une bonne nouvelle ! déclara-t-il, visiblement enthousiaste.
Intriguée, je fronçai les sourcils.
— Quelle bonne nouvelle ? demandai-je avec curiosité.
Il marqua une pause avant de répondre. Je l'observais, impatiente, cherchant à lire sur son visage ce qu'il me cachait.
— Ton poste au bar a changé. Désormais, tu travailles pour un autre établissement. Ne t'inquiète pas, tu seras bien mieux payée.
Je clignai des yeux, choquée.
— Mais ça ne va pas ?! Tu ne m'as même pas demandé mon avis ! Pour qui tu te prends à te mêler de mes affaires ?! explosai-je, furieuse.
Carl éclata de rire, puis reprit son sérieux.
— Dis-moi, as-tu seulement regardé à qui appartient le bar où tu voulais travailler ? demanda-t-il d'un ton grave.
Je restai silencieuse un instant, cherchant dans ma mémoire. Avais-je pris la peine de lire l'annonce en entier ?
— Non... je n'ai pas fait attention, avouai-je, légèrement gênée.
Carl me tendit alors une feuille imprimée. Le papier était d'un noir profond, avec des inscriptions dorées en italique. Un seul mot trônait au centre : NOX. Tout dans cette annonce respirait le luxe.
— C'est la brochure du nouveau bar. Cette fois, lis-la bien.
Plus tard, nous arrivâmes devant son bureau. En sortant de la voiture, je restai figée, réalisant l'ampleur du bâtiment qui se dressait devant moi. Une tour imposante d'au moins cinquante étages.
— Wow... soufflai-je, impressionnée.
— Tania, tu viens ? Je te fais visiter si tu le souhaites.
J'acquiesçai et le suivis.
À peine avions-nous franchi l'entrée que tous les employés cessèrent immédiatement leurs activités pour se tourner vers Carl. Dans un mouvement synchronisé, ils portèrent leur poing fermé contre leur poitrine et murmurèrent des mots inaudibles.
— Gracias, amigos, répondit simplement Carl en inclinant légèrement la tête avant de reprendre son chemin.
J'étais stupéfaite.
— Dis, Carl, pourquoi—
— Non. Tu n'as pas à savoir, me coupa-t-il sèchement.
Je soupirai, agacée, mais je me contentai de le suivre en silence.
Nous visitâmes d'abord les étages intermédiaires, entre le dixième et le trentième. Des bureaux impeccables, des employés tous vêtus de noir... Mais un détail attira mon attention.
— Pourquoi n'y a-t-il que des hommes ici ? demandai-je, perplexe.
— Ce travail demande de la force, tant physique que mentale. Ce n'est pas fait pour des femmes, qui méritent un métier plus calme.
Je haussai un sourcil. Quel genre de travail nécessitait autant de rigueur ?
Nous arrivâmes enfin au dernier étage, là où se trouvait son bureau. À l'intérieur, trois hommes se tenaient debout, tous inclinés respectueusement à l'arrivée de Carl.
— Je vais te les présenter, déclara-t-il. D'abord, voici Francisco, mon bras droit.
Un colosse. Grand, musclé, une aura intimidante. Ses cheveux étaient d'un noir profond, son regard vide de toute émotion. Un tatouage couvrait une partie de son bras : un cerf blessé. Impossible d'en distinguer les détails d'où je me trouvais.
— Ensuite, Gigi, un ami d'enfance. Il gère les finances et les comptes bancaires.
Contrairement à Francisco, Gigi était mince, presque effrayant avec son air fatigué. Il portait sa chemise à manches retroussées, révélant le même tatouage... sauf que son cerf à lui n'était qu'un squelette.
Le troisième homme, en revanche, était absent.
— Il est parti chercher "la chose", déclara Gigi d'un ton étrangement calme.
Carl se figea. Son expression changea aussitôt, passant de l'enthousiasme à une inquiétude palpable.
— Qu'est-ce qui se passe ? demandai-je, troublée.
Il ne répondit pas et continua d'avancer.
— Allons, Tania, poursuivons la visite, lâcha-t-il, froid.
Je le suivis sans insister.
Lorsqu'il ouvrit la porte de son bureau, une étrange sensation me traversa. Quelque chose dans l'atmosphère me mit mal à l'aise.
La pièce était élégante et sombre : des murs noirs rehaussés de touches bleu marine, un bureau en bois massif, un écran d'ordinateur géant, des fournitures haut de gamme et des étagères remplies de livres et de trophées. Tout ici respirait la richesse... et le mystère.
— Alors, qu'en penses-tu ? demanda-t-il.
Je fis lentement le tour du regard.
— Hum... Il manque une touche de couleur vive. Mais j'aime bien l'ambiance, c'est... particulier.
Il ne releva pas ma remarque et alla s'asseoir à son bureau. Je pris place sur le canapé en face de lui.
— Pourquoi m'avoir emmenée ici, Carl ?
— Pour que tu signes les formulaires de ton nouveau poste.
Je poussai un léger soupir. Bien sûr, tout ça n'était qu'une formalité pour lui.
Il frappa trois fois dans ses mains. Presque immédiatement, une femme entra dans la pièce, portant trois piles de documents.
Elle était... magnifique.
De longs cheveux noirs encadraient son visage sévère, et sa robe rouge au décolleté plongeant soulignait chaque courbe avec une élégance provocante. Elle portait des escarpins noirs brillants, ajoutant encore à son charisme hypnotisant.
— Monsieur Rodrigo, voici les formulaires que vous avez demandés, déclara-t-elle d'une voix posée.
— Bon travail, Diana, répondit Carl en lui adressant un clin d'œil.
Ils échangèrent quelques mots à voix basse, tandis que je les observais en silence.
Dix minutes plus tard, Carl se tourna enfin vers moi, les documents en main.
— Bien, Tania, voici les formulaires.
Il s'assit sur le canapé en face du mien, adoptant une posture nonchalante. J'observai son attitude : jambes écartées, corps détendu... Il y avait chez lui quelque chose d'irrésistiblement attirant. Était-ce sa confiance ? Son charisme ? Ou simplement le fait qu'il était diablement sexy en costard...
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Tout pour l'argent
RomanceTania, une jeune fille née dans l'un des quartiers les plus réputés d'Espagne, ne vit que pour l'argent. Son avenir ? Elle s'en moque, tant que sa vie est rythmée par le luxe et l'excitation. Mais pour obtenir la richesse dont elle rêve, un prix doi...
