Chp 6 -

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Tania

Après le départ de Diego, je me suis allongée sur mon lit, le cœur lourd, l'esprit embrouillé par trop de pensées. L'épuisement finit par l'emporter, et je sombrai dans un sommeil agité...

*

Diego

J'enfonçai la clé dans le contact et démarrai en trombe. Mon pied écrasa l'accélérateur, mes doigts crispés sur le volant. Je devais rejoindre cet idiot au plus vite.

Une main sur le volant, j'attrapai mon téléphone et composai son numéro. Aucune réponse.

— Réponds, putain ! grognai-je entre mes dents.

Carl et ses manières... Toujours à jouer avec les nerfs des autres. Et il fallait que ça tombe sur elle.

J'espérais juste qu'il saurait se comporter en adulte, pour une fois. Mais je ne pouvais pas prendre ce risque. Il fallait que je l'en empêche avant qu'il ne fasse quoi que ce soit.

Je tiens trop à elle.

Même si nous sommes amis, je n'aurai aucune pitié.

Après une conduite nerveuse et rapide, j'arrivai enfin devant le bar où nous avions rendez-vous. Comme à son habitude, il se faisait désirer. Vingt minutes de retard... Je vais lui en toucher deux mots à ce connard.

Les minutes passèrent, et enfin, je l'aperçus au loin. Toujours aussi sûr de lui, toujours aussi confiant.

— Bonsoir, Diego.

Sans lui laisser le temps de réagir, mon poing s'écrasa contre sa mâchoire.

— Tu te fous de moi, Carl ?! On avait dit 23h pile ! Vingt putain de minutes de retard !

Il redressa lentement la tête, essuyant d'un revers de main le filet de sang au coin de ses lèvres. Son expression ne vacilla pas.

— Je devais régler quelques affaires au bureau, désolé.

Son ton était toujours aussi froid, son regard, impassible.

Je l'ignorai et me laissai tomber sur une chaise, attrapant mon whisky sans le quitter des yeux. Il me fixait en silence, comme s'il évaluait la situation, pesait ses mots. Puis, enfin, il brisa le silence.

— Trêve de plaisanteries. Je t'ai fait venir pour te parler de Tania.

À l'entente de son nom, mon cœur rata un battement. Mes doigts se crispèrent autour de la tasse.

— Elle est... intéressante. Très attirante, même. Son caractère me plaît beaucoup.

Un sourire en coin étira ses lèvres, mais son regard, lui, restait froid.

Mon sang ne fit qu'un tour.

— Attends... tu te fous de moi ?!

Ma chaise racla le sol alors que je me levai brusquement.

— T'avais juré de ne jamais l'approcher ! Bordel, t'as des centaines de nanas qui rêvent de toi ! Pourquoi ELLE ?!

Ma voix tremblait de rage. Carl, lui, resta impassible.

Il me regarda longuement, et dans ses yeux, je compris qu'il ne plaisantait pas.

— Comment tu peux l'aimer ?! Tu l'as jamais vue !

— Détrompe-toi, Diego. Je l'ai déjà vue. Et elle est magnifique.

Je serrai les poings.

— Écoute-moi bien, Carl. T'as pas intérêt à l'approcher. Sinon, on coupe tout contact, toi et moi.

Il ne répondit rien. Je le fixai une dernière fois, puis je balançai quelques billets sur la table avant de quitter le bar.

L'air extérieur me gifla en plein visage, mais ma colère ne retomba pas pour autant.

Je remontai dans ma voiture et roulai à toute vitesse vers l'appartement.

*

Je poussai doucement la porte de la chambre de Tania. Elle dormait profondément, mais son corps tremblait sous les draps.

M'approchant à pas feutrés, je tirai la couverture sur elle, essayant de ne pas faire le moindre bruit.

Elle était si paisible. Si fragile.

Je l'observai un instant avant de reculer lentement.

Une fois dans ma chambre, je me laissai tomber sur le lit, mais le sommeil refusa de venir.

Les mots de Carl résonnaient encore dans mon esprit.

Je dois la protéger.

J'ai promis à ses parents que je veillerais sur elle après leur accident. Quoi qu'il arrive, je ne la laisserai jamais tomber.

Mais ce qu'elle ignore... C'est qu'ils ne sont pas morts. Et qu'un jour, la vérité explosera.

En attendant, je devais continuer à lui mentir.
C'est pour ça que j'ai écrit cette lettre...

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