Idriss
Nous nous étions retrouvés devant le Grand Rex, l'agitation du boulevard contrastant avec le silence de nos attentes. Neïsha portait un jean clair et un pull oversize qui, paradoxalement, accentuait la finesse de sa silhouette. J'étais en retard, juste assez pour qu'elle ait le temps de me fusiller du regard avant de laisser échapper un sourire moqueur.
— J'ai failli croire que le 1CQ avait oublié le film,
— Un gentleman arrive toujours juste à temps. J'étais en train de gérer un dragon,On y va ? J'ai pris les places pour la dernière séance. J'ai préféré le film d'horreur.
— Pourquoi le film d'horreur ? Le genre est un peu cliché, tu ne trouves pas ?
— Pour que tu puisses me sauter au cou, Je te rappelle que la dernière fois, c'est moi qui ai failli m'étouffer.
— Tu rêves, Idriss. Je ne me sers de personne. Je gère mes peurs toute seule.
Nous nous sommes dirigés vers la caisse pour le popcorn. C'est à ce moment que l'ambiance a changé. Une adolescente, le téléphone à la main, a arrêté net sa conversation en nous voyant. Ses yeux se sont écarquillés, son souffle coupé.
— Oh mon Dieu ! Neïsha ? C'est vraiment toi ? Je n'arrive pas à y croire !
Neïsha s'est retournée, l'air étonné mais sans aucune panique ni agacement.
— Oui, c'est moi. Salut ! Comment tu vas ?
— Je suis une immense fan ! J'adore ton dernier vlog sur Tokyo ! Ma meilleure amie est là aussi, elle va devenir folle. On peut faire une photo ?
En quelques secondes, la file d'attente s'était transformée en un petit attroupement de quatre ou cinq jeunes filles, leurs yeux pétillants de l'excitation de la rencontre impromptue. J'ai reculé, prenant le grand seau de popcorn que nous avions commandé, et je me suis contenté d'observer la scène.
C'était fascinant. La Neïsha que je venais de voir, la séductrice audacieuse qui me mettait au défi sur un balcon, s'était transformée en une icône accessible, d'une humilité désarmante.
Elle a posé pour chaque photo, les bras autour de ses fans, leur parlant avec une douceur sincère. Elle leur a demandé leurs prénoms, comment elles allaient, et elle les a remerciées de leur soutien avec une patience infinie. Pas un signe d'agacement, pas une once de prétention. Elle était présente, chaleureuse, généreuse de son temps.
Je l'ai observée avec une admiration nouvelle et profonde. Ce n'était pas l'artiste qui m'impressionnait, mais la personne. La plupart des gens que je connaissais avec une telle notoriété étaient arrogants ou distants. Neïsha, elle, était juste vraie. Une vraie star qui ne se prenait pas pour une. J'ai souri. Cette dualité me rendait dingue.
J'aimais particulièrement cette capacité à briller tout en restant ancrée. Elle était le genre de personne qui, malgré le succès, se souciait encore de l'émotion des autres. C'était rare.
Une fois la foule dissipée, elle m'a rejoint, les joues un peu rouges d'avoir été sous les projecteurs, mais ses yeux pétillants.
— Désolée pour ça. Le revers de la médaille.
— Non, c'était... génial,. Tu as été incroyable avec elles Neïsha.
Ce compliment, visiblement, l'avait touchée plus qu'un compliment sur son physique.
Nous sommes enfin entrés dans la salle de projection. Nous nous sommes installés tout au fond, dans l'anonymat relatif des derniers rangs. Le film a commencé. C'était un thriller psychologique sombre, pas vraiment mon genre, mais j'ai essayé de suivre. Idriss, le businessman, essayait de s'accrocher à l'intrigue compliquée, analysant les motivations des personnages avec un sérieux excessif.
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L' INSOUMISE
RomanceNeïsha a connu la violence et la dépendance. Aujourd'hui, elle n'a qu'une seule obsession : l'indépendance. Ses études d'architecte sont sa seule échappatoire et le prix de sa liberté. Lorsqu'elle rencontre Idriss, célibataire au charme ténébreux...
