Chapitre 45

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Mon manque de sommeil n'avait rien à voir avec la rencontre imminente avec mon beau-père, mon demi-frère ou encore ma mère. Je détestais le fait d'avoir une quelconque obligation envers eux, mais je me rappelais que je n'allais pas être seul avec eux. Non, ma ruine était due à un corps plus qu'à moitié nu, à quelques centimètres du mien. Ma gorge était de plus en plus sèche à chaque rencontre entre sa peau et la mienne. J'avais dormi des dizaines de fois aux côtés de cette femme et pourtant me voilà soudainement insomniaque...

Elle était endormie et je n'aurais rien à y redire si, avant de s'allonger auprès de moi, elle n'avait pas troqué l'un de ses pyjamas pour ses sous-vêtements. Quel ne fut pas mon trouble quand elle ajouta que la brassière n'était que par respect pour moi. Dans le noir, j'espérais qu'elle ne pouvait pas apercevoir le chaud qui me montait aux joues comme à chaque fois que je me retrouvais en sa présence semblait-il. Ce devait être mon cerveau en ébullition qui avait tant augmenté la température de la pièce, car je me retrouvais déjà pantelant. 

C'est le dos tourné à elle que j'avais passé la plupart de la nuit, car face à elle je ne pourrais détourner les yeux. Je me sentais comme un adolescent qui dormait pour la première fois auprès de sa première copine. Frey avait fini par se retourner dans son sommeil, me cherchant, et ce simple fait avait réduit tous mes efforts à néant. Je lui avais fait face, mes bras emprisonnant sa taille. Elle n'émit aucune résistance, n'esquissant pas un mouvement pour me repousser, quant à moi j'acceptais ma sentence avec une forme de joie légèrement masochiste prenant place derrière mes côtés. 

J'aimais notre proximité.

Et la troquer pour aller calmer mes nerfs ou ma gorge était hors de question, surtout au risque de croiser ma tante dans la cuisine, ou bien de réveiller Frey à cause de la douche. Elle ne savait pas ce qui l'attendait aujourd'hui et elle aurait besoin de tout le sommeil que je pouvais lui donner pour y survivre.

Ces derniers temps je me retrouvais incapable de passer trop longtemps sans Freya, réduit à suffoquer lorsque j'étais trop loin pour la toucher. Ce n'était plus une envie de l'avoir contre moi à toute heure, cette femme était devenue un besoin plus vital que l'air. À la condition que l'asphyxie semblait être une mort plus douce que l'absence de Freya. 

Dans les alentours des huit heures, Freya me salua d'une voix pâteuse qui fut comme un seau d'eau sur le feu qu'étaient devenus mes nerfs. J'enfonçais mon nez dans son cou pour empêcher mes yeux de dériver trop bas pour mon bien. Ses mains parcouraient lascivement mes avant-bras, laissant échapper un bâillement à l'antipode de la délicatesse. 

- Merci pour hier soir. La remerciais-je, ma voix étouffée par sa peau. Je dois t'avouer que ce sera plus compliqué aujourd'hui. Soupirais-je. Cette partie de la famille n'est pas la plus simple, mais je te suis tellement reconnaissant d'être là pour moi.

Freya hocha la tête encore à moitié endormie, les yeux toujours fermés. Comment cette femme pouvait-elle s'être retrouvée dans mes bras ? Je ne possédais aucune raison valable qui expliquait que je sois dans les bonnes grâces de l'univers, mais jamais je ne souhaitais en partir.Me promettant silencieusement de faire tout ce qui était en mon pouvoir dans cette vie pour m'assurer de récupérer Freya dans la prochaine.

- Tu veux les rendre jaloux ? Ricana-t-elle.

Je me rendais compte que c'était l'idée la plus stupide que j'aurais pu avoir, mais je ne pouvais m'en empêcher de l'apprécier. Avec tout ce qu'avait fait ma famille contre moi, je voulais leur prouver que je n'avais pas besoin d'eux pour réussir.

Frey me lança un regard au-dessus de son épaule, les yeux grands ouverts. Elle se retourna dans mon étreinte, me faisant face. La compréhension que j'aperçus dans ses pupilles calma mon cœur. J'étais sérieux et je pouvais voir qu'elle était en paix avec cette partie de moi. Les faire enrager était en haut de ma liste, c'était enfantin, je devais le concéder, mais je brûlais d'envie de les faire tous jalouser

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