Chapitre 57

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Shawn-Aiken a ajouté "Give your heart a break" à "Freya"

- Allez ma tempête, je pense qu'il est temps que tu sortes de ce lit ! Affirma une voix en entrant dans la pièce.

Mon cœur s'arrêta alors que je me figeais. Il ne pouvait pas être là, pourtant personne d'autre dans ce monde ne m'appelait « ma tempête » à part mon oncle. Avait-il aperçu mon occupation en entrant dans la pièce ? Je soupirais, me retournant vers lui, le voyant s'asseoir au bord du matelas. Depuis quand était-il dans ma chambre à m'observer, que même faisait-il là ? Mon oncle et moi ne nous étions pas vus depuis tellement longtemps que je n'avais qu'une envie : lui sauter dans les bras, je me retins.

Je voulais lui en vouloir de ne pas m'avoir prévenue de sa présence car j'aurais fait un effort pour masquer la loque humaine que j'étais devenue, j'aurais dissimulé le fait que respirer devenait un peu plus douloureux à chaque seconde. Nous nous regardâmes en silence, sa main caressant mon profil dans un geste protecteur et paternel dont lui seul avait le secret.

Il m'était impossible de le haïr, même seulement un petit peu. Je savais la raison pour laquelle il ne m'avait pas prévenue de son arrivée : mon oncle voulait m'aider et non pas faire face à la carapace que je réservais pour mon père. Tonton n'était pas papa, et il refusait de tomber dans les mêmes dynamiques que j'avais avec ce dernier.

Je laissais mon téléphone s'écraser sur la couverture et me réfugiais dans ses bras. Ils s'étaient refermés sur moi, comme ayant la capacité de me protéger du monde extérieur. Mon oncle avait, des années plutôt, pris la responsabilité de me sauvegarder de toute chose pouvant me blesser de près ou de loin. En grandissant, ce devoir s'était métamorphosé, mais aujourd'hui nous étions revenues, nous avions voyagé dans le temps, revenant au fondement de notre relation.

Contre son cœur entouré par une nouvelle source de chaleur, je fis face à ma solitude. Je ne sanglotais pas. Je n'avais plus ni larmes ni énergie pour pleurer, il m'en restait à peine pour respirer. L'espace d'un instant, le poids de mes émotions ne pesait plus sur mes épaules, car il partageait ma peine, mes souffrances comme il l'avait toujours fait.

Nous restâmes dans cette position, ses mains frottant avec douceur mon dos, mes bras serrés autour de lui comme à une bouée, me permettant de ne pas me noyer dans mes propres pensées. Il m'avait manqué, son absence physique avait été plus dure que ce que j'essayais de me faire croire.

Ce n'était pas faute de l'appeler plus souvent que n'importe qui d'autre dans ma vie. Je n'étais plus une petite fille, il ne pouvait plus être aussi présent qu'à l'époque. Je ne m'attendais d'ailleurs pas à ce qu'il essaye, je ne pouvais pas lui demander ce sacrifice pas après tout ce qu'il avait fait durant mon enfance et mon adolescence. Cependant, je n'étais pas encore prête à le laisser partir, me cachant un peu plus dans son torse.

- Je regrette que cela t'ait autant choqué. Commença-t-il dans un murmure. Je m'étais dit à l'époque que tes cauchemars finiraient par disparaître, que ton cerveau oublierait. Comment aurais-je pu savoir que ça irait jusqu'à impacter ta vie sentimentale, je... je... Il laissa sa phrase en suspens.

Je voulus me séparer de lui, voir son visage. Il ne pouvait pas dire cela, il ne pouvait pas se considérer comme fautif pour ce qu'il se passait dans ma vie maintenant. Il ne pouvait pas s'en vouloir pour la situation avec Shawn. Cependant, il ne me laissa pas m'échapper de son étreinte. À la place, il passa délicatement ses mains dans mes cheveux, peut-être imaginait-il pouvoir effacer les mauvais souvenirs de ma tête par ce procédé.

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