Chapitre 58

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Si ce n'était qu'un mauvais tour de mon cerveau, si la Freya qui était assise sur mon canapé en cet instant n'était qu'un mirage, j'aimais mon cerveau. Il n'avait fallu qu'un regard de sa part pour panser les plaies qui entouraient mon pauvre cœur masochiste. Sa simple présence calmait la douleur dans ma poitrine, devenant qu'un lointain souvenir à sa vue. Mon corps me rappelait insidieusement que j'étais en manque de Freya, de son contact, de ses sourires, de sa présence. Mes paumes me brûlaient devant la possibilité de la toucher à nouveau après tant de temps et cette simple idée échauffait mon sang.

Je me tenais cependant à distance, je ne ferais aucun geste dans sa direction sans son consentement plein et entier, chose que je n'avais pas encore regagner et dont je doutais sur mes capacité à récupérer un jour. J'étais le seul à blâmer pour la situation dans laquelle nous venions de tomber mais je ne survivrais pas au dégoût qui envahirai ses yeux si j'initiais un contact maintenant. Je ne pourrais m'empêcher de comparer le regard tendre qu'elle posait sur moi moins d'un mois auparavant et celui empli de haine auquel je ferais face.

Devant l'évier, le verre d'eau que je remplissais à l'intention de Freya m'était une éternité. Mon pied frappait le sol dans un cadence effréné trahissant mes nerfs qui étaient au bord de l'implosion. Je ne voulais pas manquer ma chance. Si elle se sentait à nouveau comme chez elle dans mon espace, je pourrais certainement la convaincre de ne pas faire une croix sur moi. Le confort lui rappellerait sûrement la raison pour laquelle nous fonctionnions si bien ensemble. Une fois remplis je le déposais devant Freya qui restait tout autant silencieuse que moi et comment lui en vouloir après tout. La seule femme avec qui j'avais pus me sentir à ma place devait me hair pour lui avoir mentit, j'étais le seul fautif et je me punirais pour le restant de ma vie si elle me refusait l'accès à la sienne.

Son regard n'était pas posé sur moi, mais sur le piètre état de mon appartement. Je passais mes mains sur mon visage. Depuis que Karl était venu l'état n'avait cessé de se dégrader. De plus en plus de vêtements et de couvertures jonchaient le sol et les meubles. Il était pratiquement impossible de mettre un pied en dehors de ma chambre sans marcher sur quelque chose. Je n'en avais rien eu à foutre avant que Freya ne passe la porte de mon appartement. Je cherchais simplement à retrouver le confort de sa présence dans des affaires qu'elle m'avait empruntées et qui portait encore les traces de son odeur. Je rappelais alors à mon cœur que ce n'était pas un mirage que j'avais réellement eu Freya et que nous l'avions bien perdu...

Je me retournais, incapable de la laisser voir l'appartement dans cet état plus longtemps. Je me précipitais attrapant un part un les vêtements à ma porté, bientôt je me retrouvais pratiquement incapable de voir devant moi tant le pîle de vêtement dans mes bras avait prit de l'ampleur. Sans me questionner je passais à travers la chambre déposant tous les vêtements dans le panier à linge.

Mon sang brûlait un peu plus à chaque seconde passé loin de Freya, impatient de la retrouver dans la salle à manger de combler l'absence qui avait rythmé mes journées depuis qu'elle était sortie en pleurant de la Mercedes. Je ne pouvais donc consciemment pas prendre le temps de les ranger un part un dans le placard, mais je ne pouvais pas non plus les déposer sur le lit en attendant, car au fond de moi se trouvait l'espoir qu'elle reste cette nuit, comme tant de fois auparavant.

Je savais mes espoirs vains, mais je ne pouvais que m'y raccrocher pour ne pas sombrer dans le désespoir une nouvelle fois. Je n'avais d'ailleurs pas le droit, je pouvais me lamenter mais je n'étais pas celui à qui on avait menti pendant des semaines. Alors que je rentrais à nouveau dans la pièce de vie, cette fois ce fut le gargouillement de son estomac qui m'arrêta dans mes pas. Sans attendre je me précipitais ouvrant le frigo à la recherche de quoi que ce soit qui pourrait lui montrer que je prendrais toujours soin d'elle.

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