Chapitre 65

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Avec un bâillement, je prenais place au bord de l'îlot central de la cuisine, m'asseyant à moitié endormie sur l'un des tabourets. Je relevais le regard au même instant que Shawn qui esquissa un sourire avant de placer un magnifique pancake sur une assiette avant de la glisser dans ma direction. J'attrapais la fourchette qu'il me tendait, mais avant que je ne puisse la planter dans mon petit déjeuner, il m'arrêta en déposant ses lèvres sur mon front avant de murmurer dans mes cheveux :

- Tu es toujours magnifique, mais cette version de toi reste ma préférée.

Je ne prenais pas la peine de poser un regard sur mon état actuel, je savais très bien que j'avais l'air d'être sortie d'une hibernation longue de plus de cent ans. Comme toujours, il décidait de me donner un compliment avant que je ne puisse manger. Enfournant un morceau de pancake dans ma bouche, je pouvais sentir le sucre pratiquement se dissoudre sur ma langue, le soupir de contentement qui m'échappa le fit sourire.

Le pilote m'avait manqué durant notre rupture, de son parfum à sa présence dans mon sommeil, mais ce n'était rien en comparaison de l'absence d'attention et le temps qu'il mettait dans le fait de cuisiner pour moi. Chaque aliment qu'il déposait dans mon assiette avait pour lui un symbole et je ne pouvais qu'apprécier l'idée qu'il me chérisse assez pour me donner toute son attention même dans des choses aussi anodines que ma nourriture. Je finis mon petit déjeuner en silence, Shawn perché sur un tabouret à mes côtés ne manquait aucune miette de ce moment, comme si je manquais de me volatiliser devant ses yeux. Mon sourcil s'arqua dans sa direction générale et il laissa échapper un ricanement léger avant de déposer un baiser sur ma joue.

- Je ne fais qu'apprécier le fait que tu es resté cette nuit. Avoua-t-il.

- Et je ne suis pas prête de partir, McQueen, j'ai encore des vêtements pour une semaine. Répliquais-je la bouche pleine.

- J'y compte bien, tu ne pourras plus te séparer de moi, trésor. Je serais aussi coriace qu'une moule accrochée à son caillou. Le caillou étant toi.

Depuis la séance photo, Shawn ne cessait de faire des commentaires tels que celui-ci de manière aléatoire. Cela pouvait être ridicule, mais un peu plus à chacune de ses petites phrases, mon cœur s'apaisait. Je me rapprochais de lui, me reposant contre son torse lorsque ses bras entourèrent ma taille. Nous restâmes dans cette position, je me perdais simplement dans le contact du pilote : dans ses caresses sur mes hanches, dans son parfum qui m'enveloppait.

Son cœur battait lentement contre mon oreille, et peu à peu nos respirations se synchronisèrent. Tout était tellement ridiculement simple lorsqu'il me tenait. Je n'avais plus peur qu'il ne me quitte, mais notre étreinte était comme des promesses, des preuves de l'engagement qu'il faisait de ne jamais me laisser partir. Ce furent quelques mots murmurés assez bas pour ne pas me briser, qui effacèrent le calme.

- Tu n'es pas obligé de venir, trésor.

Je soupirais, nous avions abordé ce sujet plusieurs fois, et je faisais de mon mieux pour ne pas revenir sur ma parole, mais je ne pouvais m'empêcher de douter. La peur s'infiltrait insidieusement dans mes veines. Pourtant je refusais de faire marche arrière, j'étais certaine de ma décision, ou enfin j'étais certaine d'en avoir besoin.

- Je sais, mais j'irais avec toi parce que tu me l'as demandé et que j'en ai envie. Je comprends que tu aies peur que cela ne déclenche certains de mes traumatismes, mais je ne pourrais pas toujours les éviter et je sais que je t'aurais pour me soutenir.

En relevant les yeux vers son visage penché au-dessus du mien, je ne pus m'empêcher de répondre à son sourire. C'était ridicule, je me sentais totalement ridicule de lui donner des réponses telles que celle-ci, mais Shawn semblait bien plus réceptif lorsque je développais mes raisons. Alors je me forçais à le faire, pas parce qu'il faisait tant pour moi mais parce que j'en avais envie pour lui. Il m'embrassa le bout du nez.

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