Octobre (4)

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PARLER OU SE TAIRE À JAMAIS

Mes oreilles hurlèrent, mon corps pivota, la trouvant, l'air hautain dessiné sur son visage.

Positionnée sur son trône, sa cour la suivit.

Le feu débuta dans mon ventre, mes joues allèrent bientôt le montrer.

— Qu'est-ce que tu veux ? m'irritai-je, mes yeux ne confrontant pas les siens, faible.

— Tu te fous de moi ? beugla-t-elle, contrastant avec la timidité qui naissait dans ma voix dès qu'elle essayait d'établir une conversation avec moi.

Sa voix stridente alerta le reste de nos camarades présents dans le couloir. Son objectif était atteint. Le faux sourire complétait son expression, ravie d'avoir l'attention de tous.

— Alors vas-y, on t'écoute, elle regarda fièrement autour d'elle, tous, accentua-t-elle avec les nombreuses paires d'yeux qui ne formait qu'un cercle.

Le ring où s'opposait cette fille et moi, prêtes à entamer le match face à ces spectateurs assoiffés de conflits.

— Je n'ai rien à te dire. lâchai-je avec l'objectif de partir, le forfait serait déclaré.

Seulement, avant de me retourner, les cordes formées par les élèves me bloquèrent ici, dans l'obligation de l'affronter.

La faille que je venais de créer l'accueillit, engouffrée dedans, elle débuta le combat avec l'avantage.

— Maintenant, assume, sa voix s'éleva au même rythme que ses sourcils se froncèrent, la colère barra son visage. Au lieu d'aller pleurnicher comme une gamine. Sois mature, ma petite. Elle marqua une pause, ses bras accompagnèrent chacune de ses paroles. Franchement, tu t'attendais à quoi en allant te plaindre à la vie scolaire. Tu pensais que je ne serais pas au courant de ce que tu as raconté sur moi.

L'assurance qu'elle dégageait me cloua, la boule dans mon ventre s'enflamma. L'incendie commençait à dévorer mes entrailles.

— Arrête de te faire passer pour la victime, t'es juste lamentable. Tu fais juste pitié, ma pauvre, alors un conseil, fais-toi petite et boucle là.

Il était évident, que mon silence à présent mort allait venir me chercher pour m'enterrer avec lui. La délivrance dans ma poitrine lorsque les noms de mes camarades avaient été annoncés se trouvait à présent loin. Et la sensation de la main de mon amie anxiété dans la mienne quand j'avais réalisé les conséquences qui allaient découler de cet aveu se rapprochait.

Mes pensées avaient happé les derniers mots composant son récit où à la suite de ce dernier se dessinait un sourire de fierté sur son visage. Mes larmes ne seraient que la récompense pour elle, l'impatience de les voir couler se lisait dans ses yeux.

Une nouvelle occasion de me reprocher de me faire " passer pour la victime".

Le feu consuma tout au fur à mesure qu'il montait, l'adrénaline ruisselait dans mes veines. Dans un élan de confiance totalement inconnue et pour la première fois, je mis de côté mon corset, utilisant sa douleur pour exprimer ce que je souhaitais dire à cette fille.

SCOLIO'MEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant