2020-Février

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UNE VALLÉE DE ROSES

Samedi 7 février

10h43

— Dans quinze minutes c'est à vous.

La fille de terminale, casque sur les oreilles, carnet de notes coincé entre son bras, referma la porte. Je me retournai, assise sur le banc, la tête dans mes mains. Mon esprit n'était plus qu'une tempête. Des vagues de plusieurs mètres saccageant la tranquillité de la mer. Tout se noyait. Je regardai impuissante, les pas de la chorégraphie sombrer dans le profond. Les mains des filles me lâcher, emportaient par le courant.

J'étais seule. Prisonnière au milieu de ce déchaînement, enfermée entre le stress et l'appréhension.

Pourtant, j'étais là.

Peut-être accroché à une porte au milieu de la mer, perdue dans un silence.

Mais j'avais tenu. Sans comprendre comment, j'avais traversé chaque tempête, chaque averse, même celle qui avait décidé de me coûter la vie. J'avais payé pour continuer à vivre, j'avais payé le prix de mes efforts, de ma guérison, de mes chutes et mes victoires.

Au fond, je savais que la vie me réservait encore des choses, que cette opération était un poids qui voulait m'entrainer à nouveau dans l'obscurité.

— Hey, souffla Victoria en refermant la porte.

J'eu une hésitation. Était-ce Victoria qui venait d'enfreindre les règles pour la première de sa vie ? Avait-elle ignoré la pancarte à l'entrée des vestiaires, « uniquement réservé aux membres de l'organisation ». Ses mains tremblèrent lorsqu'elle lâcha la poignée. Ses yeux scrutèrent le moindre recoin de la pièce. Nous étions seules. Elle le comprit, ses muscles se détendirent.

— Oui, je sais commença-t-elle me privant de lui rappeler son incroyable courage. Mais ce n'est pas tous les jours qu'une de mes meilleures amies dansent dans mon lycée, alors c'était une bonne excuse. Et puis... elle se rapprocha, récupérant à la hâte mes mains, assise à ma droite. Je me suis promise d'être là maintenant, d'être à tes côtés dans les hauts comme dans les bas. Aujourd'hui, tu vas montrer à tout le monde à quel point tu es courageuse, à quel point tu as grandi de toutes ses épreuves et... sa voix trembla, prête à déverser ses émotions trop souvent retenues, et je ne peux même pas te dire à quel point je suis admiratif de toi Rosinini. Tout ce que tu as accompli, ce que tu as vécu. Tu devrais en écrire une histoire un jour, plaisanta-t-elle pour retenir ses larmes.

Je souris au travers de la tristesse, la prenant dans mes bras.

— On va déjà commencer par le danser, ajoutai-je avec légèreté.

— Rose ça va être à nous.

Mes yeux rencontrèrent ceux d'Olivia, teintée d'une lueur de surprise avant de s'attendrir devant la scène.

Victoria s'éloigna et voulu disparaître dans un trou de souris.

— On va dire que je n'ai rien vu, la rassura Olivia en refermant la porte.

Dans ses mains je remarquai l'object qui convia la boule dans mon ventre.

— Je vais vous laisser, décida Victoria en me serrant une dernière fois dans ses bras.

Elle ouvrit avec précaution la porte, sa tête sortir de l'encadrant, elle pivota à droite à gauche et sortie le coeur affolé de se faire prendre.

— Tu veux qu'on se fasse un exercice de respiration avant d'y aller ?

Olivia suivait des cours sur internet pour apprendre à gérer le stress.

— Tu penses qu'on a le temps ?

SCOLIO'MEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant