2019 - Septembre

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PAS TOTALEMENT CICATRISÉ 


NDA : 

Ce chapitre contient du langage cru autour  de la sexualisation. Si vous êtes sensibles à ce genre de propos, je vous invite à passer à la partie suivante. Un petit "TW" sera inscrit à la partie en question. 


Mardi 2 septembre

9h45

À l'heure où les listes étaient affichées, où l'empressement des élèves se répercutaient dans la cours. Des cris de joies mêlés aux contestations. Même en première, nous n'avions pas changé. Enfin, ça c'était la vision de Lise, m'écrivant depuis sa prochaine classe.

Assise sur une des chaises rouges, je jetai des coups d'œil dans certaines story instagram Les classes venaient d'être formées.

J'avais manqué la rentrée.

À certains moments, j'oubliai presque le poids de ma maladie. Restant une adolescente scolarisée en première dans un lycée. Ayant réussi à constituer un groupe d'amis fiables. Et continuant à nourrir cet espoir d'aller mieux. Qu'un jour ces nuages gris au-dessus de ma tête, ne provoqueraient plus de tempêtes. Où les vagues déchainées me noyaient.

— Tu es stressée ?

Le regard de mon père s'échoua sur mes mains, là où j'arrachais avec nervosité la peau autour de mes doigts. Mon téléphone était posé sur mes genoux.

Je ne m'étais même pas rendue compte que j'avais fait ça.

— Honnêtement, je ne sais pas. J'ai juste l'impression de m'être réveillée d'un rêve où la scoliose n'existait plus.

Il se rapprocha, les sourcils froncés.

— Depuis le Canada, mon corset, la scoliose, tout ça, je désignai la salle d'attente, une parmi tant d'autres où les heures s'avalaient, s'était rendu en second plan, même troisième plan. Et là... j'ai l'impression de tout me reprendre en plein figure. Les rendez-vous kiné, les check up chez l'orthoprothésiste. Bientôt une nouvelle radio, un nouveau rendez-vous avec le chirurgien. Comme-ci la routine recommençait.

Enfin, ma routine.

— Tu sais Rose, le corset, la scoliose, ne feront pas éternellement partie de ta vie. Un jour, tu ouvriras les yeux et cela fera déjà cinq ans que tu as affronté tout ça. Que tu as été d'un courage à toutes épreuves et que nous continuerons à être fiers de toi, de t'être battue jusqu'à gagner.

Une larme roula sur ma joue, une seule et unique. Enfermée dans ce liquide translucide, elle emportait avec elle tant de choses. La peur. La volonté. L'amour. L'espoir.

Pourtant, l'appréhension continuait à alimenter cette mer. Celle où je baignais trop souvent, même si j'avais réussi à nager dedans.

Toute ma vie ? Combien de temps allait-elle durer ? Suffisamment pour fêter ses cinq ans ? L'arrêterai-je avant ? Le voudrais-je encore ? Quelqu'un ou quelque chose le ferait ?

— On y va ?

La voix basse et toujours aussi grave de l'orthoprothésiste nous amena à la suivre.

La porte rouge fermée, mon père s'installa comme habituellement sur une des chaises à côté du miroir. Je restai debout, la poitrine lourde et l'esprit inondé de questions auxquelles je ne pouvais pas répondre.

— Oula ça fait un petit moment qu'on s'est pas vu toi et moi. Je m'excuse d'ailleurs d'avoir dû décaler ton rendez-vous.

Elle fit rouler sa chaise jusqu'à moi, la rassurant que l'on comprenait.

SCOLIO'MEOù les histoires vivent. Découvrez maintenant