Chapitre 48 - Proposition

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Je viens à peine de poser ma tête sur l'oreiller que j'entends des coups derrière mon volet. Je sais de qui il s'agit et j'hésite à faire comme si je n'avais rien entendu sauf que je sais qu'il ne va pas me lâcher.
Je soupire en me levant pour ouvrir la fenêtre et le volet.

Key est là, les mains dans les poches et le visage triste.

-Je peux ? me demande-t-il.

-Je ne suis pas sure que ce soit une bonne idée, on sait tous les deux comment ça se termine quand tu entres dans cette chambre.

-Je voulais te parler.

-Je te rejoins sur la terrasse alors.

Je le vois s'éloigner et je referme. J'inspire et expire profondément comme pour me donner du courage et je traverse le bungalow pour le retrouver.
Je sors et un petit vent frais balaie mes jambes nues.
Il est assit, sur un transat, le même que celui où je l'avais trouvé une fois.

Je prends place sur celui d'à côté et aucun de nous n'ose commencer.

-Je..., finissons nous tous les deux par dire avant de nous interrompre.

-Je t'en pris, je lui dis.

-J'ai réfléchi. Je n'étais pas dans les meilleures conditions quand tu es venue tout à l'heure. J'étais submergé par tous les papiers que je venais de feuilleter et j'avais l'esprit en pagaille. Et je ne m'attendais pas à une telle annonce. Est-ce qu'on peut reprendre cette discussion ? Non, est-ce qu'on peut la recommencer ? Que tu me reposes les bases ?

Je réfléchis quelques secondes et j'acquiesce.

-Quand j'ai commencé ma formation avec les soigneurs, je me sentais à côté de la plaque. Et c'est normal puisque je n'avais aucune connaissance. Aujourd'hui, quelques mois sont passés et j'ai toujours ce sentiment atroce de ne pas être là où je le devrais. J'ai l'impression de ne pas réussir des tâches simples, des taches que j'ai déjà effectuées parce que je n'arrive pas à me faire à tout ça. Je sais que ma formation est loin d'être terminé et que c'est beaucoup trop court pour que je sois complètement à l'aise. Mais ce n'est pas que ça.

-Dis m'en plus. Je veux comprendre, sincèrement.

Je vois que mon ressenti semble lui être important alors je continue.

-Ça a été compliqué. On est parti sur de mauvaises bases tous les deux. Tu m'as fait faire du sale boulot. J'ai été blessé à plusieurs reprise. Il y a eu la morsure, la coupure en glissant dans le bassin des manchots, la foulure au poignet quand je suis tombée dans l'enclos des lions et surtout l'attaque de l'ours. Je me suis retrouvée dans un enclos avec des lionnes. Mentalement, ça a été dure. Et je pense que je sature. Je me sens inutile et parfois presque de trop. J'ai l'impression de traîner dans vos pattes et de plus vous importuner qu'autre chose. On l'a bien vu tout à l'heure. Je n'y arrive pas. Même après quelques mois. Je devrais arriver à faire certaine chose mais ce n'est pas le cas.

-Je comprends. Tu as cumulé beaucoup de choses en peu de temps. J'en suis désolé.

-J'ai traversé des choses compliquées dans ma vie mais je me sens épuisée mentalement depuis quelques temps. Et je crois que je m'en suis rendue compte que récemment. Ca ne me fait pas plaisir de t'annoncer ça. Parce que je suis vraiment reconnaissante de ce que tu as fait pour moi, même après mon mensonge. Parce que j'adore l'ambiance ici et j'adore apprendre des choses sur les animaux. J'adore les voir évoluer, j'adore l'équipe. Et j'aime passer du temps avec toi. Mais je n'y arrive pas.

Il me fixe. De longue secondes. D'interminables secondes.

-Je vais me mettre sur le dossier.

-Pardon ?

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