Les semaines avaient passé depuis notre décision de révéler notre amour à notre père. Chaque jour avait apporté son lot d'anticipation et de tension, nos esprits tiraillés entre l'amour que nous partagions et les traditions familiales qui semblaient se dresser comme des barrières infranchissables.
Un soir, alors que la maison était plongée dans un silence tendu, je m'étais retrouvée seule avec ma mère dans la cuisine. Les derniers rayons du soleil s'étaient filtrés à travers les rideaux, créant des ombres douces sur le carrelage.
"Maman," avais-je commencé, ma voix hésitante trahissant mon anxiété croissante, "il y a quelque chose que je dois te dire."
Elle avait relevé les yeux de ses mains, ses traits doux mais préoccupés. "Qu'y a-t-il, ma chérie?" avait-elle demandé d'une voix douce et rassurante.
Je pris une profonde inspiration, cherchant les mots justes pour aborder un sujet si délicat. "Nacer et moi... nous sommes ensemble," avais-je enfin lâché, mes mains serrées autour de la tasse de thé oubliée sur la table.
Sa réaction ne fut pas immédiate. Elle semblait absorber mes paroles, ses yeux scrutant mon visage avec une intensité maternelle. Puis, après un moment qui me sembla une éternité, elle prit doucement ma main dans la sienne.
"Soumia," dit-elle enfin, sa voix empreinte de tendresse et de préoccupation, "tu sais ce que cela signifie pour notre famille."
Je baissai les yeux, sentant le poids de ses mots sur mes épaules. "Je l'aime, maman," murmurai-je, mes yeux se remplissant de larmes. "Je l'aime tellement, et je ne peux pas imaginer ma vie sans lui."
Elle soupira doucement, sa main caressant la mienne avec une tendresse infinie. "Je le sais, ma chérie. Mais tu dois comprendre que ce n'est pas facile pour nous."
Nos cœurs se serraient dans cette conversation chargée d'émotion et de vérité. Je savais que ma mère aimait profondément sa famille et qu'elle craignait les conséquences d'une telle révélation. Pourtant, je ne pouvais pas renoncer à Nacer, à l'amour qui avait transformé ma vie et qui continuait à brûler en moi avec une intensité inégalée.
"Je ne veux pas te causer de peine, maman," dis-je enfin, mes mots s'étranglant dans ma gorge. "Mais je ne peux pas non plus ignorer ce que je ressens."
Elle me serra contre elle, nos larmes se mêlant dans un élan de compassion et de douleur partagée. "Je sais, ma chérie," murmura-t-elle doucement. "Nous trouverons un moyen de traverser cela ensemble, comme une famille."
Nous restâmes là, dans cette cuisine baignée de lumière déclinante, nos cœurs lourds mais unis par un amour familial indéfectible. Même si notre conversation n'avait pas effacé les défis qui nous attendaient, elle avait créé un lien précieux entre nous, un pont fragile mais solide entre l'amour et la tradition.
Le soir avançait, apportant avec lui une paix temporaire dans notre foyer. Pourtant, nous savions que notre décision avait mis en marche une série d'événements irréversibles. Nous devions maintenant affronter notre père ensemble, prêts à faire face aux répercussions de notre choix audacieux et de notre amour interdit.
Ainsi, dans l'ombre de nos vies familiales, notre amour continuait de grandir, de s'épanouir. Nous étions prêts à affronter l'avenir main dans la main, un jour à la fois, en gardant notre amour précieusement caché mais vibrant de toute sa force et de sa vérité, enraciné dans notre foi et notre respect mutuel.
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Soumia & Nacer
RomanceJe vais vous raconter l'histoire de Soumia, une algérienne , tombée amoureuse de Nacer, un malien . Entre amour, tristesse, culture Suivez l'histoire de ces deux personnages aussi passionnante soit -elle.