Chapitre 18 - jamais assez bonne

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Liam, 18 ans
8 ans plus tôt...

À chaque fois que j'essaye d'embrasser la tristesse qui comprime mon âme depuis la mort de mon frère, Summer se charge de la transformer en haine. Si je ne commençais pas à la connaître, je pourrais penser qu'elle le fait pour me soulager.

Volontaire ou pas, la colère est plus simple à gérer que le désespoir.

Donc... Je l'ai frappée.

Ok, ce n'était pas joli à voir et je n'en suis clairement pas fière mais elle m'a poussé à bout au point que j'en ai perdu mon insolence, et tout ce à quoi j'étais capable de penser se résumait à ça : mes phalanges redessinant les contours de son visage de poupée.

Ça s'est passé jeudi dernier.

Summer se rendait à son entraînement de cheerleader et moi, à la piscine pour nager un peu après mon dernier cours de la journée. On s'est croisées dans les vestiaires ; elle venait d'enfiler sa tenue de pom-pom girl quand je me suis enfermée dans une cabine pour mettre mon maillot de bain très échancré et pas vraiment pratique pour faire des longueurs.

J'étais seule dans la piscine à peine tiède depuis une bonne demie heure, les vapeurs chloriques me grattaient la gorge et mes seins s'échappaient de mon bikini à chaque mouvement de crawl. Mais surtout, je n'arrêtais pas de penser à son mini short blanc et au crop top à manche longue qui composent sa tenue.

J'ai abandonné ma séance et je suis retournée aux vestiaires pour découvrir que mes vêtements laissés dans le casier un peu plus tôt avaient été jetés dans les douches.

Impossible de les enfiler tant ils étaient trempés.

À l'extérieur, il faisait trois degrés et le vent donnait l'impression que les températures descendaient encore plus bas, mais la puérilité de son geste m'a tellement agacé que je n'en n'avais plus rien à foutre.

Mes boucles goutaient sur mes épaules, mon maillot collait à ma peau d'une façon désagréable et de la vapeur s'échappait de ma bouche à chacune de mes respirations tandis que je me précipitais vers le terrain de football ; vêtue d'une paire de chaussettes montantes, de mes jordans et d'un maillot de bain string qui laissait vraiment peu de place à l'imagination.

Les joueurs de l'équipe de football américain de Manhattan High s'entraînaient avec les cheerleaders et ont cessé toute activité quand le premier d'entre eux m'a repéré, attirant l'attention d'un second, puis d'un autre, et ce, jusqu'à ce que tous leurs yeux soient posés sur moi.

Il me semble avoir entendu le coup de sifflet du coach et peut-être quelques-unes de ses réprimandes, parmi les commentaires obscènes et déplacés des garçons.

Qu'on soit clairs : j'aime mon corps ça ne me pose absolument aucun putain de problème de le montrer, en été !

Maël a couru vers moi pour me cacher, retirant son tee-shirt pour me le passer mais je l'ai repoussé. Je n'avais pas besoin d'être sauvée. Max m'a encouragé d'un « Sexy, Kohl ! » auquel je n'ai pas eu la force de répondre « je sais, merci. »

Mon attention était fixée sur Summer.

Le rouge de son tee-shirt complimentait la blondeur de ses cheveux, qui, à la lumière du jour, paraissaient presque blancs. Toutes ses petites copines se moquaient de moi, ricanaient de la petite blague à laquelle elles avaient participé.

L'objet de ma colère ne riait pas, elle.

Summer me dévisageait en retour, l'expression abasourdie, presque inquiète. Je suis sûre qu'elle ne s'attendait pas à ce que j'ai le cran de l'affronter. Certaine qu'elle espérait que j'appelle ma mère en pleurant, la suppliant de m'apporter des vêtements secs en venant me récupérer.

As Cold As Summer  (sous contrat d'édition chez PDW) Des histoires addictives. Découvrez maintenant