Liam, 26 ans
Perdue dans le labyrinthe de mobiliers, de cloisons et de tout un tas de pièces d'expositions, j'effleure une table basse du bout de l'ongle en prétendant m'y intéresser tandis que Maël étudie mon choix d'une moue dubitative.
— Je ne suis pas certain que ce vert criard se marie au bois du salon de jardin...
J'arque un sourcil, amusée qu'il décrive cette horreur avec autant de retenue.
— Ça se mariera parfaitement à l'expression de Lily quand elle découvrira la nouveauté en tout cas. Comment avez-vous fait pour briser la précédente, déjà ?
Avant de s'échapper dans une nouvelle allée constituée de tables d'extérieur, mon meilleur ami ne manque pas de m'assassiner de ses yeux trop sombres pour la bonté qu'ils dissimulent. Je sais pertinemment comment ils l'ont cassée, ça m'amuse juste de le faire chier.
— Et puis de toute façon, depuis quand t'es devenu ce type là ?
Malgré mon mètre soixante quinze, je peine à tenir son rythme soutenu et trottine derrière lui.
— Quel « type » exactement ?
Il me questionne de ce ton innocent qui m'indique qu'il voit parfaitement ce à quoi je fais allusion mais refuse de se l'admettre.
— Celui qui traîne dans les magasins de décorations intérieures les samedi après-midi pour satisfaire les exigences de sa copine.
Quand il mordille sa lèvre inférieure afin de camoufler son amusement, je nous revois quelques années plus tôt, au lycée. On était presque innocents en ce temps qui me semble à la fois lointain et terriblement proche.
— Tu penses que je suis un canard ?
— C'est une question rhétorique ?
Il effectue un signe de négation de la tête, tant exaspéré qu'enjoué.
Je connais Maël depuis des années mais c'est bien la première fois que je le vois dans cet état, enfiévré d'amour au point qu'il serait prêt à faire n'importe quoi pour une femme.
Non. Pour la femme.
Quand Lily et lui ont officialisé, Max et moi nous sommes demandés si notre trio n'allait pas éclater. Ça m'a fait peur puisqu'après tout, Maël avait toujours été le ciment qui nous maintenait unis. Il y avait tant de non dits entre O'Donnel et moi que j'ai été effrayée qu'ils nous tombent dessus pour nous écraser. Ça n'a pas été le cas. Dans un accord tacite, nous avons chassé le mauvais de notre relation instable pour ne garder que le bon. C'est là que j'ai compris que ma vie avait pris un tournant différent. Moi qui me suis toujours vantée de respirer l'honnêteté, j'ai sacrifié ce trait de personnalité parce qu'il était plus facile de faire comme s'il ne s'était jamais rien passé.
Face à une jolie table en granit, Maël opère un demi tour soudain, pour revenir à l'horreur de toute à l'heure, d'un vert de très mauvais goût.
— T'as peut-être raison, voyons si je suis encore capable de la faire sortir de ses gonds.
C'est précisément pour ce genre de bêtises que je les aime, tous les deux. Ensemble, ils passent la moitié de leur temps à se rendre chèvre et l'autre moitié... à briser le mobilier comme Edward et Bella dans Twilight, pendant leur lune de miel.
Je ne les juge pas, mais quand même...
Lorsque Kevin, un employé au tee-shirt jaune moutarde à l'allure un peu négligé nous demande si nous avons besoin de conseils, il est évident que lui non plus ne comprend pas réellement le choix de mon ami. Mais puisque le client est roi et que Maël fait partie de ceux qui ont les poches pleines, Kevin acquiesce et nous indique qu'on pourra récupérer le meuble emballé à la sortie du magasin. Il n'oublie pas de nous encourager à « prendre notre temps », une façon commerciale de nous pousser à dépenser pour une énième babiole de décoration dont aucun de nous n'a besoin.
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As Cold As Summer (sous contrat d'édition chez PDW)
RomantizmSpin off de la saga « Heart Players » publié aux éditions « Plumes Du Web » Summer et Liam ne pourraient pas être plus différentes l'une de l'autre. À vrai dire, elles ne comptent que trois points communs : leur malchance en amour, la haine mutuell...
