Chapitre 20 - Goût chienne en manque ? Mon préféré.

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Liam
Huit ans plus tôt

Le pathétique et le profondément tragique de Summer réside dans son besoin constant d'accaparer l'attention qu'elle pense ne pas mériter, en réalité.

Elle fait partie de ces personnes qui se contorsionnent pour qu'on les regarde, jettent des coups d'œil furtifs par-dessus leurs épaules après avoir ri pour vérifier que leur public est encore là.

C'est drôle qu'elle s'imagine être difficile à admirer, quand Summer est l'unique obsession malsaine à laquelle j'ai cédé sans me rendre compte de rien.

C'est arrivé sans prévenir, avec la fourberie d'un mirage, séduisant par sa lumière mais trompeur et éphémère.

J'ai été intriguée par son éclat, mais ce sont les ombres l'étreignant qui me donnent envie de creuser, d'en savoir toujours plus à son sujet.

Et j'en sais tellement plus que je le devrais pour quelqu'un qui se voit imposer une proximité forcée avec son oppresseur.

C'est arrivé comme un orage que les météorologues n'ont pas vu venir sur leurs radars. Comme ces soirées d'été, douces et agréables jusqu'à ce que l'air se charge en électricité et que la chaleur devienne trop lourde pour être supportable.

Au début, je la regardais parce que je la trouvais belle, d'une beauté impeccable et si différente de la mienne. Mais la première fois que je l'ai dessinée, j'ai su que le fond m'intéressait plus que la forme. Je voulais reporter sur le papier ce qui était invisible pour les yeux.

Il y a eu un moment où je croyais la dévisager comme on le fait avec les choses qu'on déteste. Je sais maintenant que si je l'épie, c'est parce qu'elle est constamment dans ma tête pour des raisons que je suis incapable d'expliquer.

Peut-être que nos âmes se comprennent mieux que Summer et moi n'en sommes capables.

Quand le goulot de la bouteille s'arrête pour me désigner, je repense à son précédent avertissement.

« Si je t'ai fait venir, c'est pour jouer. »

Le sourcil haussé, je laisse échapper un rire, mi-sarcastique, mi-ennuyé. Plus que je ne le suis en vérité, si je me fie aux battements effrénés de mon cœur.

– Alors, quoi ? Je suis censée te traîner dans le placard, prom-queen ? T'es tellement motivée à m'embrasser que je me demande si tu ne devrais pas plutôt en sortir.

Ma taquinerie provoque l'hilarité de quelques invités, qui se sont rapprochés pour profiter du spectacle.

Il faut dire que Summer et moi ne les décevons jamais.

Ça a commencé avec son exclusion temporaire, ça s'est poursuivi avec le baiser qu'elle m'a volé dans le couloirs, sa chute en escalade, et enfin, notre querelle sur le terrain de foot.

Sans se départir du sourire perfide qu'elle affiche, elle avale une longue gorgée de son cocktail, -au moins le sixième de la soirée-, le repose à côté d'elle, puis se penche par-dessus la table basse, les mains à plat sur la surface en bois.

À en juger par l'expression lubrique de William, il savoure la vue de la petite culotte de Summer.

À quatre pattes sur la table, elle s'avance encore avec l'expression enthousiaste d'un chiot excité de retrouver son jouet préféré.

Le visage de cette dernière n'est plus qu'à un souffle du mien, ses ondulations blondes lui tombent devant les yeux et collent à la couche de gloss qu'elle n'a pas arrêté d' appliquer tout au long de la soirée, à chaque fois qu'elle offrait un nouveau baiser.

As Cold As Summer  (sous contrat d'édition chez PDW) Des histoires addictives. Découvrez maintenant